« Enceintes bibliothèques Neat Acoustics Ministra » STEREONET

Stereonet - Applause AwardVoici un aperçu de l’article « Enceintes bibliothèques Neat Acoustics Ministra », publié dans le magazine spécialisé STEREONET :

Je l’ai associée à plusieurs amplificateurs, mais j’ai principalement utilisé un amplificateur intégré Exposure 3010s-2d durant la période de test, alimenté par un DAC Chord Electronics Hugo TT2 et diverses sources numériques. Ce système a fait preuve d’une excellente synergie.

QUALITÉ SONORE

Ces deux dernières années, plusieurs enceintes compactes (de type bibliothèque) d’une qualité exceptionnelle sont apparues sur le marché. Il faut désormais ajouter à cette liste la nouvelle Neat Ministra. Dire si elle est « la meilleure » relève des goûts de chacun, mais elle se place assurément au sommet de sa catégorie de prix, rivalisant même avec des modèles bien plus onéreux.

À l’heure actuelle, je considère qu’il existe deux enceintes compactes remarquables à moins de 2 000 £ : l’Acoustic Energy AE500 et la Monitor Audio Gold 100. Toutes deux offrent des performances bien supérieures à ce que leur catégorie laisse supposer ; la nouvelle Neat Ministra réalise le même exploit, bien qu’à un tarif légèrement plus élevé. Sur le plan sonore, elle reprend une grande partie (sinon la totalité) des qualités des deux modèles précités tout en y ajoutant sa propre touche de magie. Elle est, par exemple, aussi vive et enjouée que l’AE, tout en étant aussi douce, raffinée et détaillée que la Monitor Audio. Sans être tout à fait aussi ludique que la première ni aussi svelte que la seconde, elle trouve un équilibre subtil entre les deux et y ajoute un atout supplémentaire : un grave magnifique, expressif et riche en texture, nettement supérieur à celui des deux autres modèles.

Pour résumer l’essentiel de la sonorité de la Ministra, je dirais que c’est l’alliance d’un équilibre tonal maîtrisé et d’une remarquable maîtrise du timing qui la rend unique. Elle présente une restitution tonale homogène — avec même une certaine richesse sonore — tout en faisant preuve d’une vivacité rythmique impressionnante. On obtient souvent l’un ou l’autre, mais rarement les deux à la fois, surtout dans cette gamme de prix. Comme l’a démontré l’écoute de la soul soyeuse du titre *Across 110th Street* de Bobby Womack, elle offre une sonorité d’une grande douceur qui ne dénature pas les couleurs de l’enregistrement (à condition qu’elles soient présentes à l’origine), tout en conservant un groove naturel et entraînant. La musique s’écoule avec fluidité et plaisir, sans jamais paraître frénétique ou artificiellement lente.

Sur le plan tonal, l’enceinte ne donne pas l’impression que tous les morceaux ont été enregistrés dans le même studio. Le ska incisif de *Ghost Town* (The Specials) présente une texture bien différente de la soul-funk léchée de *Give Me The Night* (George Benson), par exemple. La Ministra révèle sans équivoque une légère mise en avant du registre médium sur la voix de Terry Hall dans ce classique des Specials. Parallèlement, on perçoit que l’ingénieur du son a poussé le niveau du haut-grave sur le titre de George Benson ; la voix du célèbre artiste est ainsi légèrement plus en retrait qu’elle ne le devrait, ce qui n’était pas nécessaire compte tenu de sa douceur naturelle. C’est une prouesse de révéler cela que certaines enceintes coûtant cinq ou six fois plus cher ne parviennent pas à accomplir ; cela témoigne de la qualité des haut-parleurs et d’une ébénisterie suffisamment rigide pour leur permettre de travailler correctement.

Dans l’absolu, on perçoit la contribution des coffrets à la restitution sonore, surtout à volume élevé. Toutefois, cette intervention reste subtile et linéaire, ajoutant une pointe d’ampleur dans le haut-grave et une légère coloration boisée dans le médium, sans jamais devenir gênante. Toutes les enceintes concurrentes de la Ministra présentent ce phénomène dans une certaine mesure, et généralement de manière plus marquée. Il est d’ailleurs surprenant de voir à quel point on peut pousser le volume de cette minuscule enceinte de bibliothèque sans qu’elle ne sature ou ne perde sa cohérence ; cela confirme, une fois de plus, qu’elle se classe parmi les meilleures de sa catégorie de prix.

Si sa sonorité globalement naturelle est très appréciable, la Ministra n’est pas pour autant une enceinte excessivement analytique ; bien au contraire. Grâce à sa membrane très légère, le tweeter à ruban offre une réponse aux transitoires ultra-rapide et saisit l’attaque des notes avec une habileté impressionnante. En effet, face à n’importe quelle petite enceinte équipée d’un tweeter à dôme conventionnel, cette dernière fait pâle figure face à la Ministra. J’apprécie beaucoup l’Acoustic Energy AE500 mentionnée plus haut, mais la Ministra met en évidence la lenteur relative de son tweeter. L’excellente Monitor Audio Gold 100 s’en sort bien mieux grâce à son tweeter à membrane micro-plissée ultra-légère, bien qu’elle paraisse un brin trop amortie. Le fait que la Neat puisse surpasser ces deux modèles de référence est remarquable.

Cela se traduit par une restitution magnifique et aérée des hautes fréquences et du haut du médium. Le titre *Along Comes Mary* du groupe The Association est un classique de la pop psychédélique des années 60 ; bien que l’enregistrement soit daté, il déborde d’énergie et met en valeur un jeu de tambourin pétillant. Les Ministra ont su parfaitement retranscrire tout cela, conférant une expressivité saisissante aux harmonies vocales, un timbre brut et incisif à la guitare rythmique et — fait peut-être le plus surprenant — un rendu d’une netteté et d’une percussion remarquables à cette ligne de basse ample et charnue. Je soupçonne que tout cela tient à la magie opérée par le tweeter ultra-rapide des Neat : grâce à sa gestion fulgurante des harmoniques, les instruments situés plus bas dans le spectre gagnent en vivacité et en fermeté.

Pour en revenir à l’essentiel, la réponse dans le grave de cette petite enceinte est exceptionnellement bonne compte tenu de sa taille et de son prix. Il convient toutefois d’apporter quelques nuances : il s’agit d’un modèle très compact qui ne peut rivaliser avec les « mastodontes » (et les modèles onéreux) du monde de la haute-fidélité. Pourtant, tout comme pour l’aigu et le médium, le grave de la Ministra fait mouche. Certes, il n’est pas exempt de tout reproche — manquant par exemple d’un rien de fermeté aux extrémités du spectre — mais il se révèle très mélodique et doté d’une articulation dynamique qui dément ses dimensions réduites.

Le véritable test pour toute petite enceinte de bibliothèque consiste à vérifier si son caractère se dégrade lorsqu’on pousse le volume. J’ai été particulièrement séduit par la stabilité de la restitution sonore à fort volume ; contrairement à de nombreuses concurrentes de taille et de prix équivalents, la Ministra ne s’effondre pas. En effet, face à une ligne de basse puissante, elle continue de délivrer une énergie constante et de projeter les fréquences graves avec vigueur. L’introduction tonitruante du morceau *The Man-Machine* de Kraftwerk, avec ses basses électroniques sismiques, constitue une épreuve redoutable pour le registre grave de toute enceinte. Il serait malhonnête d’affirmer que la petite Neat surpasse une grande colonne sur ce type de contenu, mais elle semble avoir oublié sa petite taille : elle a conservé une grande clarté sonore à des niveaux bien supérieurs à ce que l’on pourrait raisonnablement attendre.

La scène sonore était excellente, bien que la Ministra se soit révélée sensible aussi bien au rodage (elle nécessite une bonne centaine d’heures) qu’à la montée en température. Une fois parfaitement stabilisée, cette petite enceinte a su, là encore, faire oublier son gabarit pour offrir une image stéréo d’une ampleur remarquable. J’ai particulièrement apprécié la précision du placement sonore sur l’album *Quiet Life* du groupe Japan. Ce classique du mouvement « New Romantic », porté par les synthétiseurs, bénéficie d’une excellente prise de son ; j’ai perçu une acoustique panoramique qui m’a totalement immergé dans la musique. La profondeur de la scène sonore était un peu moins impressionnante, mais restait très convaincante pour le prix demandé ; il serait donc mesquin de s’en plaindre. En somme, quel que soit le genre musical écouté, cette petite enceinte a su trouver le rythme, créer la magie musicale et me surprendre par des performances qui défient les lois de la physique.

LE VERDICT

Que vous soyez à la recherche de votre première véritable enceinte de bibliothèque ou que vous souhaitiez passer à un modèle plus compact sans pour autant renoncer à une restitution sonore réaliste, la Ministra de Neat mérite absolument une écoute. Grâce à sa sonorité remarquablement ouverte, riche en détails et plaisante, elle s’impose actuellement comme la référence de sa catégorie (modèles à moins de 2 000 £) ; tout acquéreur potentiel de petites enceintes se doit de l’écouter s’il en a l’occasion. Avec sa conception soignée, ses haut-parleurs de grande qualité et sa charge isobarique, elle prouve que, parfois, « moins » peut effectivement signifier « mieux ».

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