« Enceintes bibliothèques Neat Acoustics Ministra » STEREONET

Stereonet - Applause AwardQUALITÉ SONORE

Au cours de l’année ou des deux années écoulées, plusieurs enceintes compactes (de type bibliothèque) d’une qualité exceptionnelle sont apparues sur le marché. Il faut désormais ajouter à cette liste la nouvelle Neat Ministra. Dire si elle est « la meilleure » relève des goûts de chacun, mais elle se hisse assurément au sommet de sa catégorie de prix, rivalisant même avec des modèles bien plus onéreux.

À l’heure actuelle, je considère qu’il existe deux enceintes compactes remarquables à moins de 2 000 £ : l’Acoustic Energy AE500 et la Monitor Audio Gold 100. Toutes deux offrent des performances bien supérieures à ce que leur catégorie laisse supposer ; la nouvelle Neat Ministra réalise le même exploit, moyennant un investissement légèrement plus élevé. Sur le plan sonore, elle reprend bon nombre des qualités (sans toutefois les égaler toutes) des deux modèles précités tout en y ajoutant sa propre touche de magie. Elle se montre ainsi aussi vive et enjouée que l’Acoustic Energy, tout en étant aussi douce, raffinée et détaillée que la Monitor Audio. Sans être tout à fait aussi ludique que la première ni aussi svelte que la seconde, elle trouve un équilibre subtil entre les deux et y ajoute un atout supplémentaire : un grave superbe, expressif et riche en textures, nettement supérieur à celui des deux autres modèles.

Si l’on devait résumer l’essence même du son de la Ministra, je dirais que c’est l’alliance d’un équilibre tonal maîtrisé et d’une maîtrise remarquable du domaine temporel qui la rend unique. Elle offre une restitution tonale homogène — voire légèrement somptueuse — tout en faisant preuve d’une vivacité rythmique exceptionnelle. On obtient souvent l’un ou l’autre, mais rarement les deux à la fois, surtout dans cette gamme de prix. Comme l’a démontré la soul soyeuse du titre *Across 110th Street* de Bobby Womack, l’enceinte possède une sonorité d’une grande douceur qui ne dénature pas les timbres de l’enregistrement (à condition qu’ils soient présents à l’origine), tout en conservant un groove naturel remarquable. La musique s’écoule avec fluidité et plaisir, sans jamais paraître frénétique ni artificiellement ralentie.

Sur le plan tonal, elle ne donne pas l’impression que tous les morceaux ont été enregistrés dans le même studio. Le ska incisif de *Ghost Town* (The Specials) présente une texture bien différente de la soul-funk léchée de *Give Me The Night* (George Benson), par exemple. La Ministra révèle sans ambiguïté une légère mise en avant du registre médium sur la voix de Terry Hall dans ce classique des Specials. Parallèlement, on perçoit que l’ingénieur du son a accentué le haut-grave sur le morceau de George Benson, reléguant la voix de l’artiste un peu plus en retrait qu’elle ne devrait l’être — alors que sa texture vocale, naturellement très soyeuse, mériterait au contraire d’être mise en avant. C’est une prouesse que certaines enceintes coûtant cinq ou six fois plus cher que la Neat ne parviennent pas à accomplir ; cela témoigne de la qualité des haut-parleurs et de la rigidité du coffret, qui leur permet de fonctionner de manière optimale.

Dans l’absolu, on perçoit la contribution sonore des coffrets, surtout à volume élevé. Toutefois, cette intervention reste subtile et linéaire, ajoutant une pointe d’ampleur dans le haut-grave et une légère coloration boisée dans le médium, sans jamais devenir gênante. Toutes les enceintes concurrentes de la Ministra présentent ce phénomène dans une certaine mesure, et généralement de manière plus marquée. Il est surprenant de voir à quel volume on peut pousser cette minuscule enceinte de bibliothèque sans qu’elle ne s’effondre ou ne perde sa cohérence ; cela nous rappelle, une fois de plus, qu’à ce prix, elle joue dans la cour des grands.

Si sa sonorité, largement naturelle, est très appréciable, cela ne signifie pas pour autant que la Ministra soit excessivement analytique ; bien au contraire. Grâce à sa membrane très légère, le tweeter à ruban offre des transitoires d’une rapidité exceptionnelle et saisit l’attaque des notes avec une habileté impressionnante. En effet, comparez-la à n’importe quelle petite enceinte équipée d’un tweeter à dôme classique, et cette dernière ne sortira pas grandie de la confrontation. J’apprécie beaucoup l’Acoustic Energy AE500 mentionnée plus haut, par exemple, mais la Ministra fait paraître son tweeter lent en comparaison. L’excellente Monitor Audio Gold 100 s’en sort bien mieux grâce à son tweeter à membrane micro-plissée ultra-légère, mais sa sonorité semble un brin trop amortie. Le fait que la Neat puisse surpasser ces deux modèles de référence est un véritable exploit.

Il en résulte une restitution magnifique et aérée des hautes fréquences et du haut-médium. « Along Comes Mary » du groupe The Association est un classique de la pop psychédélique des années 60 ; bien que l’enregistrement soit daté, il déborde d’énergie et met en valeur un jeu de tambourin pétillant. La Ministra a su restituer tout cela à merveille, conférant une expressivité remarquable aux harmonies vocales, un timbre incisif et brut à la guitare rythmique et — fait peut-être le plus surprenant — un rendu très net et percutant de la ligne de basse ample et charnue. Je soupçonne que tout cela tient à la magie opérée par le tweeter ultra-rapide de la Neat : grâce à sa gestion rapide des harmoniques, les instruments situés plus bas dans le spectre gagnent en rapidité et en fermeté.

Pour en revenir à l’essentiel, la réponse dans le grave de cette petite enceinte est exceptionnellement bonne compte tenu de sa taille et de son prix. Il convient toutefois d’apporter quelques nuances : il s’agit d’un modèle minuscule qui ne peut rivaliser avec les « mastodontes » (et modèles onéreux) du monde de la hi-fi. Pourtant, tout comme pour l’aigu et le médium, le grave de la Ministra fait mouche. Certes, il n’est pas exempt de tout défaut — manquant très légèrement de fermeté aux extrémités, par exemple — mais il se révèle très mélodieux et doté d’une articulation dynamique qui dément ses dimensions réduites. Le véritable test pour toute petite enceinte de bibliothèque consiste à vérifier si son caractère sonore se dégrade lorsqu’on pousse le volume. J’ai été particulièrement impressionné par la façon dont la restitution est restée maîtrisée, sans sombrer dans la confusion : contrairement à nombre de ses concurrentes de taille et de prix équivalents, elle ne se laisse pas aller à la débâcle sonore. En effet, face à une ligne de basse puissante, la Ministra conserve toute son énergie et continue de délivrer des fréquences graves avec impact. L’introduction tonitruante du morceau *The Man-Machine* de Kraftwerk recèle, en son cœur même, des basses électroniques sismiques ; c’est donc une épreuve redoutable pour le registre grave de n’importe quelle enceinte. Il serait malhonnête de prétendre que la petite Neat peut rivaliser avec une grande colonne sur ce type de contenu, mais force est de constater que personne ne lui a rappelé sa petite taille : elle a conservé une grande clarté et une excellente articulation à des niveaux sonores bien supérieurs à ce que l’on pourrait raisonnablement attendre.

La scène sonore était excellente, bien que la Ministra se soit révélée sensible tant au rodage (elle nécessite une bonne centaine d’heures) qu’à la montée en température. Une fois bien installée, cette petite enceinte a su faire oublier son gabarit réduit pour projeter une image stéréo d’une ampleur remarquable. J’ai particulièrement apprécié la précision du placement sonore à l’écoute de l’album *Quiet Life* du groupe Japan. Ce classique du mouvement « New Romantic », porté par les synthétiseurs, bénéficie d’une excellente prise de son ; j’ai perçu une acoustique panoramique qui m’a immédiatement captivé. Si la profondeur de la scène sonore était un peu moins impressionnante, elle restait tout à fait remarquable compte tenu du prix demandé ; il serait donc mesquin de s’en plaindre. En somme, quel que soit le genre musical diffusé, cette petite enceinte a su trouver le bon rythme, créer la magie de la musique et me surprendre par des performances qui défient les lois de la physique.

LE VERDICT

Que vous soyez à la recherche de votre première véritable enceinte de bibliothèque ou que vous souhaitiez passer à un modèle plus compact sans pour autant renoncer à une restitution sonore réaliste, la Ministra de Neat mérite absolument une écoute. Grâce à sa sonorité merveilleusement ouverte, riche en détails et plaisante, elle s’impose actuellement comme la référence dans la catégorie des enceintes à moins de 2 000 £ ; tout acquéreur potentiel de petites enceintes se doit de l’écouter s’il en a l’occasion. Avec son excellente conception, ses haut-parleurs de grande qualité et sa charge isobarique, elle prouve que, parfois, « moins » peut effectivement signifier « mieux ».

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