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Le Limetree Network est-il le dCS Bartók du pauvre ?

En arrivant à ce stade, je me dis que j’ai injustement appliqué la même rigueur au Limetree Network qu’au dCS Bartók, qui coûte 15 000 euros ! Et pourtant, il s’en est très bien sorti, sans la moindre faiblesse…

Le circuit d’amplification utilise un module de classe A, basé sur un amplificateur opérationnel, offrant une excellente qualité sonore et suffisant pour la plupart des casques.

Après quelques heures d’écoute avec mon casque Hifiman HE1000s, j’avais complètement oublié que le son provenait d’un appareil aussi petit et abordable… même si, évidemment, le curseur de volume de l’application tournait toujours dans le dernier quart de sa course (de 75 à 90, voire 100 !), car les transducteurs planaires sont gourmands en énergie et ont un faible rendement. Ce qui est une bonne chose, car tous les contrôles de volume numériques fonctionnent par soustraction de bits. Moins on a besoin de « soustraire », meilleur est le son…

J’ai même écouté le Network à plein volume sur une paire d’enceintes actives Focal, et également connecté à un système composé d’un amplificateur Naim et d’enceintes Sonus faber Concertino.

Dis-moi comment tu sonnes, et je te dirai qui tu es…

Et comment sonne le Limetree Network ? Pas aussi bien que le Bartók ; presque aussi bien que le kit Chord Hugo 2/2Go, qui coûte trois fois plus cher.

C’est bien meilleur que les modèles concurrents d’iFi et de Pro-ject. Le son du Network est plus net dans les aigus, plus texturé dans les médiums et plus structuré dans les graves. Globalement, il est à la fois plus solide et plus naturel. Il est aussi nettement plus dynamique et très stable, même dans des situations complexes.

Il reproduit très bien les voix, qu’il s’agisse de solistes ou de chœurs, avec une bonne différenciation des timbres et une spatialisation précise. Harmoniquement riche, rythmiquement fluide, il offre un rendu neutre et équilibré.

Et, puisqu’on parle de qualités, il sonne particulièrement bien avec les fichiers haute résolution natifs.

Thé de tilleul avec ou sans sucre ?

Enfin, la question à un million de dollars : sonne-t-il mieux en mode bit-perfect ou avec un suréchantillonnage en DSD256 ? Je pourrais me contenter de dire que c’est une question de goût, mais en réalité, c’est plus complexe.

Nous avons déjà constaté qu’il est facile de faire une comparaison directe : il suffit de basculer entre PCM et DSD à l’aide du commutateur ou, de préférence, de l’application Lindemann.

Il y a un léger décalage, avec une perte de son pendant quelques secondes, lors du changement de circuit de conversion, mais le principal obstacle réside dans la différence de niveau : le DSD semble légèrement moins fort. Pour une comparaison équitable, il faut augmenter un peu le volume en passant du PCM au DSD (et inversement).

La différence n’est pas flagrante, mais elle existe, et une fois qu’on l’a remarquée, on l’entend systématiquement. Même les yeux fermés. Au début, elle semble comparable à la différence entre « phase absolue » et « phase relative » (certains préfèrent le terme « polarité »). Certains y prêtent toujours attention, tandis que d’autres la considèrent comme négligeable. Si ce n’était pas le cas, tous les préamplificateurs seraient forcément équipés d’un inverseur de polarité, or beaucoup n’en possèdent pas…

Vous remarquerez alors que le son PCM, en plus d’être plus fort, est aussi plus précis et plus solide au centre ; les basses ont plus d’impact et de définition ; et les voix ont plus de projection et de présence, d’autant plus que la résolution est élevée.

En mode DSD256 (et je parle bien de la reproduction PCM avec suréchantillonnage, et non des fichiers en résolution native, qui sonnent toujours d’un naturel fantastique), la scène sonore s’élargit et gagne en profondeur ; les voix et les instruments solo sonnent plus détendus, avec une plus grande « distanciation », mais aussi plus « naturels ». Les basses perdent en définition mais gagnent en cohésion ; et les aigus deviennent plus doux et plus délicats.

Pour faire une analogie photographique : c’est comme passer d’un objectif 35 mm à un objectif 24 mm. En d’autres termes, passer d’une scène étroite à une scène large.

Je me permets de proposer une règle générale : utiliser le PCM pour la musique en général et le DSD256 pour la musique classique. Jusqu’au jour où, tel Ulysse, vous serez tellement envoûté par le chant des sirènes du DSD256 que les cordes du PCM ne pourront plus vous retenir au mât du navire numérique…

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