Qualité sonore
Neat possède une expertise considérable dans la conception d’enceintes dont la sonorité semble bien plus ample que leur taille ne le laisse supposer, et la Mystique tire pleinement parti de ce savoir-faire acquis au fil du temps. L’effet ne se résume pas à une simple abondance de basses (bien qu’elle en offre effectivement, comme nous le verrons) ; on perçoit immédiatement cette même aération naturelle, fruit de l’association entre le tweeter à ruban (de type AMT) et un baffle frontal proportionnellement large. Cela permet au vaste morceau *Songs Of Silence* de Vince Clarke de bénéficier de l’espace et de l’ampleur nécessaires pour offrir une restitution totalement convaincante.
Point crucial : le son ne manque jamais de précision, et les enregistrements de plus petite envergure ne paraissent ni démesurés ni disproportionnés. Le titre *DNA* du groupe The Kills est restitué avec une sonorité analogique percutante et une présence saisissante — comme il se doit. Cette réussite repose sur une alliance stimulante entre une superbe tonalité et une transition parfaitement fluide entre les deux haut-parleurs. La voix d’Allison Mossheart gagne en réalisme et en crédibilité ; elle se détache nettement des riffs de guitare lourds qui l’accompagnent, sans pour autant s’en isoler. Comparée au modèle Elite, plus imposant, la Mystique offre un niveau de détail légèrement inférieur, sans toutefois donner l’impression qu’il manque quoi que ce soit d’essentiel.
Par ailleurs, comme mentionné précédemment, la Mystique n’a pas grand-chose à envier à sa grande sœur en matière d’extension des basses. Dans ma pièce d’écoute, j’obtiens une réponse exploitable jusqu’à près de 30 Hz, avec une transition tout à fait logique et naturelle depuis le registre médium. On pourrait penser, en voyant la Mystique, qu’elle peinera dans de grands espaces, mais il n’en est rien. Qui plus est, la qualité des basses est au rendez-vous : elles sont détaillées, bien articulées et dénuées de toute lourdeur.
Le seul bémol à ce tableau très positif est que la Neat exige beaucoup de puissance. Une grande partie des tests a été effectuée avec un ensemble préamplificateur et amplificateur de puissance Leema (modèles Neutron et Graviton) — disposant de suffisamment de réserve pour faire chanter la Mystique — mais il est frappant de constater à quel point le niveau de puissance requis est supérieur à celui d’autres enceintes. En somme, la Mystique a besoin d’une solide amplification pour révéler tout son potentiel.
Cela dit, l’effort en vaut la peine, car elle est capable de procurer un plaisir musical auquel il est difficile de rester insensible. Je l’ai utilisée pendant un certain temps associée à une platine Technics SL-1200GR2 ; l’écoute dynamique de l’album *Beat Noir* du groupe post-punk écossais Finger Printz — aujourd’hui largement oublié — a parfaitement illustré tout le savoir-faire de la Mystique. La sonorité du groupe, merveilleusement nerveuse et directe, soutenue par la batterie de Bogdan Wiczling, est restituée avec une énergie communicative qui donne envie de battre la mesure. L’espace sonore permet de bien apprécier la virtuosité des musiciens, sans jamais nuire à la cohérence du message musical global. Rien de ce que j’ai écouté sur la Mystique n’a entamé ce sentiment de joie.
Conclusion
Bien que le dernier modèle de la « Classic Trilogy » de Neat soit resté en sommeil plus longtemps que les deux autres, cette version remise au goût du jour s’impose comme l’enceinte idéale pour répondre aux attentes actuelles. Pour peu que vous disposiez de l’amplification nécessaire pour l’alimenter, la Mystique Classic offre constamment une prestation alliant réalisme, ampleur et présence, le tout porté par une joie musicale communicative et addictive. C’est une nouveauté remarquable, une écoute incontournable pour quiconque recherche des enceintes dans cette gamme de prix.
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