Voici un aperçu de l’article « Test : Lindemann Woodnote Combo | Amplificateur de streaming, amplificateur intégré – Droit au but », publié dans le magazine spécialisé FAIR AUDIO :
Lindemann Woodnote Combo : Test audio et comparaisons
Je suis curieux de voir comment le petit Lindemann se comportera, car je ne suis généralement pas fan des changements de conception d’amplificateurs. Sur le plan sonore, tous les amplis ne me convainquent pas, car ils ne me touchent pas émotionnellement. Mais il y a des exceptions. D’ailleurs, j’ai écouté à la fois via les entrées numériques et en streaming sur Qobuz. Je n’ai perçu aucune différence sonore significative entre les deux sources.
Jeu superficiel, gain élevé ? Tonalité
La question de la tonalité peut être réglée assez rapidement : bien que la puissance de sortie du Lindemann Woodnote Combo ne soit pas excessivement élevée, l’ampli reproduit même les notes les plus graves, comme celles de « Bury a Friend » de Billie Eilish (album : When We All Fall Asleep, Where Do We Go ?), jusqu’à l’octave la plus basse. et ce sans la moindre suraccentuation, mais avec du mordant et de la tenue. Et cela se confirme sur toute la gamme de fréquences : des basses aux aigus, en passant par les médiums, je n’entends absolument aucune anomalie, aucune atténuation ni coloration. Oui, même dans les très hautes fréquences, le Lindemann se comporte avec une remarquable liberté, ce qui n’est pas toujours le cas pour les amplificateurs de classe D – et les aigus ne sonnent ni sifflants ni sombres. L’amplificateur Lindemann offre un son parfaitement linéaire et totalement exempt de toute agressivité.
Mes amplificateurs de prédilection, les blocs mono Valvet A4 MK2 (6 200 euros), offrent une puissance de sortie sensiblement équivalente, mais fonctionnent entièrement en classe A et consomment donc beaucoup plus d’énergie que le Lindemann, qui ne consomme que 12 watts au repos. Comparés au Woodnote Combo, les Valvet ont un son globalement légèrement plus riche, avec un peu plus de présence dans le bas-médium/haut du grave et des aigus un peu moins brillants. Ce ne sont que des nuances, mais elles seraient certainement perceptibles lors d’un test à l’aveugle. En résumé, je décrirais le Woodnote Combo comme totalement neutre, mais loin d’être terne ; au contraire, il excelle dans la reproduction fidèle des timbres, rendant l’écoute et, surtout, la musique particulièrement agréables.
Palette tonale épuisée ?
Prenez l’exemple du tromboniste de jazz américain Steve Turre, qui a sorti en 2008 un album bebop captivant, Rainbow People. Le morceau « Cleopatra’s Needle » groove à chaque mesure. Outre le trombone joué avec énergie, on y trouve une batterie percutante et un Fender Rhodes au son délicieusement nasillard et analogique. Le Lindemann Woodnote Combo réussit – malgré (ou peut-être surtout grâce à) sa neutralité tonale – à donner véritablement vie au trombone et au Rhodes. Il reproduit la signature sonore propre au trombone avec un réalisme remarquable et, de plus, il fait ressortir toute la richesse des bruits parasites : du léger petit bruit d’air produit par le sursoufflage aux timbres variés créés par différentes techniques et intensités d’embouchure. En d’autres termes, toute la palette sonore, des sonorités feutrées et mélodieuses aux accents jubilatoires et hurlants, est représentée. Le Fender Rhodes est tout aussi impressionnant : il nous offre un solo remarquable dès la deuxième minute. Là encore, le rendu très naturel de l’amplificateur Lindemann Streaming est un vrai plaisir : on reconnaît immédiatement, au timbre, qu’il s’agit d’un Rhodes et non d’un Wurlitzer (les deux instruments sont souvent confondus). Le Woodnote Combo restitue non seulement avec clarté le son du Rhodes, mais aussi le trémolo très subtilement dosé par le musicien. Mais un autre élément contribue également au plaisir d’écoute : la dynamique et le sens du rythme.
En résumé ? La dynamique.
Le batteur joue avec un groove remarquable, sans pour autant être toujours réglé comme une horloge. Il adopte parfois un jeu volontairement un peu lâche, voire laid-back par moments. Ce groove est parfaitement perceptible avec le Lindemann Woodnote Combo, qui offre une réponse dynamique, engageante et une attaque rapide et précise. De ce fait, la batterie ne se contente pas d’accompagner le morceau, mais en devient un élément essentiel, au cœur même du groove. Qu’il s’agisse d’attaques de charleston percutantes ou de figures sophistiquées sur la cymbale ride, avec le Woodnote, ces nuances sont ressenties avec une telle intensité que l’on a l’impression d’être au premier rang. Même les impulsions les plus puissantes sont restituées instantanément : la grosse caisse est parfaitement placée et se révèle avec force et énergie.
Le morceau « Cleopatra’s Needle » ne présente peut-être pas de changements dynamiques drastiques, mais il regorge de nuances subtiles : comme il sied à un bon morceau de jazz, un instrument après l’autre prend le devant de la scène lors de solos. Bien que cela n’entraîne aucune différence de volume significative à la mesure, cela contribue néanmoins à l’atmosphère générale. Le Lindemann Woodnote Combo parvient à maintenir la présence de ces subtiles variations dynamiques entre les musiciens et à les reproduire à la perfection. Contrairement, par exemple, à mon Audio Note Cobra (5 500 €), qui ne restitue pas ces différences avec autant de précision, mais offre d’autres atouts, notamment une reproduction spatiale exceptionnelle, où le son semble si détaché qu’on pourrait presque « s’y promener » dans la pièce. L’amplificateur Lindemann est légèrement moins performant à cet égard, mais nous y reviendrons.
En résumé : la résolution.
J’aimerais m’étendre un peu plus sur la résolution. Mes six semaines d’utilisation de l’amplificateur de streaming Lindemann se sont déroulées de début décembre de l’année dernière à janvier de cette année. Il n’est donc pas surprenant que je me sois adonné à de longues séances d’écoute de l’Oratorio de Noël de J.S. Bach. Bach y déploie, sur le plan de la composition, un immense éventail : de l’air délicat aux riches passages en tutti de l’orchestre, des bois d’une douceur veloutée aux envolées dramatiques portées par des trompettes éclatantes. Là encore, le Lindemann Woodnote Combo impressionne par ses timbres authentiques et sa tonalité d’une richesse remarquable. Le niveau de détail est parfaitement adapté à sa gamme de prix ; et il faudra vider un peu plus son porte-monnaie pour obtenir des résultats nettement supérieurs sur ce point.
La quatrième partie débute par le choral « Fallt mit Danken, fallt mit Loben », précédé d’un long prélude pour cordes et vents. L’instrumentation est dense et ample, bien que d’un volume modéré et avec des hautbois délicats. Lorsque le chœur entre en scène, le mixage devient d’une grande complexité. Ici, je trouve l’image sonore du Lindemann Woodnote Combo absolument impressionnante, tandis que mon système de référence révèle certains détails avec une clarté et une finesse accrues – non pas spatialement, mais en termes de lisibilité des différents instruments et de leurs lignes mélodiques. Il faut dire que mon système actuel, comprenant le préamplificateur Tsakiridis Alexander, le lecteur réseau Cambridge Audio CXN (V2) et les blocs mono Valvet (câbles non compris), m’a coûté environ 10 000 €. De ce point de vue, la comparaison peut sembler injuste, et elle l’est effectivement. N’oublions pas que certains apprécieront peut-être cette approche Lindemann, car, comme chacun sait, tout le monde n’est pas adepte d’une résolution microscopique qui peut facilement virer à l’analyse pure et simple. Le lecteur Lindemann aura tendance à susciter des émotions plutôt qu’à extraire le moindre détail de la musique.
Tout est à sa place ? Scène sonore
Parlons de la scène sonore : elle débute quasiment à la base des enceintes et offre une agréable ampleur. L’image sonore se déploie avec élégance et profondeur, se présentant comme un corps sonore unifié plutôt que comme un ensemble fragmenté de composants individuels. Autrement dit, localiser précisément chaque source sonore ne requiert pas une précision millimétrique, comme c’est le cas, par exemple, avec mon Abacus Ampollo. À mon sens, il ne s’agit pas d’un critère de qualité, mais plutôt d’une approche parmi d’autres, permettant de satisfaire différents goûts. En effet, un son trop analytique pourrait être perçu comme « disséqué » et manquant de cohérence. Par ailleurs, le son se détache naturellement des enceintes ; il n’atteint certes pas le niveau exceptionnel de mon Audio Note UK Cobra, un appareil hors norme qui redéfinit ici les standards au-delà de sa catégorie de prix. En bref : je trouve la spatialisation étonnamment bonne pour un amplificateur de streaming de cette catégorie et de cette conception. J’ai testé de nombreux amplificateurs de classe D où cet aspect est traité de manière quelque peu statique et sans enthousiasme, c’est pourquoi le Lindemann Woodnote Combo me surprend agréablement à cet égard.
Conclusion du test : Lindemann Woodnote Combo
Êtes-vous lassé de la course effrénée à la haute-fidélité où tout tourne autour du « plus fort, plus gros, plus cher » ? Avez-vous, en quelque sorte, renoncé à ce marketing excessif et n’avez-vous plus besoin d’un équipement hi-fi pour vous affirmer ou vous distinguer ? Alors, vous devriez vraiment écouter le Lindemann Woodnote Combo. Ne vous laissez pas rebuter par ses dimensions ou sa puissance de sortie apparemment modeste : le Woodnote Combo est un élément hi-fi de qualité qui, dans des conditions d’écoute normales en appartement (les amateurs de volume sonore élevé avec des enceintes peu performantes se tourneront naturellement vers d’autres modèles), ne présente aucun défaut. De plus, il offre une ampleur et une richesse tonales qui rivalisent avec des solutions bien plus grandes et plus chères. Enfin, sa signature sonore est détendue, avec des timbres naturels et un sens du rythme et de la précision remarquable.
…Oui, le Lindemann Woodnote Combo réussit le tour de force d’offrir un son parfaitement neutre sans jamais devenir fade ou ennuyeux. On note de légères pertes de détails sur les morceaux complexes ou richement instrumentés, notamment pour les auditeurs les plus exigeants – mais à mon avis, cela n’altère en rien l’excellente impression d’ensemble, émotionnellement parlant, que dégage le Lindemann. Cet amplificateur de streaming compense largement ce léger manque par un son captivant et un confort d’écoute prolongé, sans effort. J’ai été particulièrement impressionné par la manière dont Norbert Lindemann a su insuffler une véritable âme à ce concept d’amplificateur de classe D pour le streaming.
Profil du Lindemann Woodnote Combo
- Une neutralité tonale quasi suisse, d’une discrétion absolue :
- Les basses sont nettes et précises, descendant jusqu’aux infrabasses. Aucune nuance ne manque, même si cela s’applique principalement à des volumes d’écoute raisonnables – le Lindemann n’est pas fait pour les fêtes. Enfin, les basses sont dynamiques, agiles et précises.
- Les médiums sont totalement exempts de coloration et offrent une riche palette tonale, l’amplificateur exploitant fidèlement le signal original sans aucune amélioration artificielle. C’est là que le Woodnote Combo excelle véritablement.
- Les aigus s’étendent avec une belle clarté et une aération remarquable dans les très hautes fréquences, conservant une fluidité naturelle.
- D’une netteté exceptionnelle, tant au niveau macro que micro-dynamique, le Lindemann se révèle d’une précision et d’une réactivité séduisantes.
- Le niveau de détail est approprié à sa gamme de prix, mais ce n’est pas le point fort de cet amplificateur ; pour des morceaux complexes et denses, d’autres amplificateurs peuvent offrir une approche plus analytique.
- La scène sonore est sans prétention et sans surprise : l’image sonore est agréablement ample et se détache nettement des enceintes sans créer de paysages sonores 3D hyperréalistes. Le Woodnote Combo est capable de recréer une scène sonore cohérente de manière convaincante sans s’enliser dans des détails micrométriques.
- Une finition soignée et un design élégant, intemporel et distinctif. Le bois véritable, qui confère à ce petit appareil un certain cachet, est particulièrement séduisant.
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