Conclusion de l’article :
Une fois l’Atoll branché à mes enceintes de référence Revel F228Be, j’ai été immédiatement frappé par la puissance sonore de cet amplificateur. Certes, l’explication n’est pas très technique, mais l’Atoll IN300 donnait l’impression d’exercer un contrôle précis sur mes enceintes, un contrôle que je n’attendais pas d’un amplificateur intégré de cette taille.
Eiji Oue « Exotic Dances From The Opera »
À l’écoute de « The Snow Maiden Opera » extrait de « Reference Recordings Exotic Dances from the Opera », l’IN300 m’a impressionné par la profondeur des basses qu’il a su extraire de mes Revel, tout en conservant une parfaite maîtrise même à volume élevé. Comparé à mon système Benchmark, et même au Technics SU-R1000 présent à l’écoute, l’Atoll IN300 s’est distingué par une restitution légèrement plus sombre. Il a parfaitement restitué les détails et la dynamique, tant sur le morceau « Snow Maiden » que sur « Salome’s Dance », mais la transparence absolue n’atteignait pas tout à fait le niveau des deux autres amplificateurs. Le son était globalement plus profond et plus riche. Toujours agréable, simplement différent. Et malgré la puissance des morceaux écoutés, l’IN300 est resté tiède au toucher. Je recommande toutefois, si vous l’installez dans un meuble hi-fi ou un centre audio-vidéo, de laisser quelques centimètres d’espace autour de l’IN300 pour permettre la dissipation de la chaleur.
Cette domination plus sombre et plus précise au niveau des enceintes s’est confirmée lorsque j’ai associé l’Atoll IN300 aux enceintes Bowers & Wilkins 803 D4. Cette association m’a semblé particulièrement réussie, car la signature sonore plus sombre de l’Atoll adoucissait légèrement les aigus parfois agressifs des 803 D4.
Steely Dan « Pretzel Logic »
Passer à l’album SHM SACD « Pretzel Logic » de Steely Dan s’est avéré un excellent choix. L’introduction à l’orgue, à la fois jazzy et légèrement inquiétante, du morceau éponyme m’a immédiatement captivé. La voix de Donald Fagan était parfaitement centrée, quoique légèrement plus ample que d’habitude. Cela ne m’a toutefois pas dérangé. La batterie, puissante et précise, martelait le sol. Le solo de guitare de Jeff Baxter, avec ce petit côté incisif caractéristique, était parfaitement rendu. On peut remercier les enceintes B&W pour leurs aigus tranchants qui y contribuent. Mais la puissance inébranlable de l’Atoll m’a poussé à monter le volume progressivement, pour un résultat toujours plus impressionnant. Même constat pour le morceau « With a Gun », avec ses envolées de pedal steel guitar et son solo, également signé Jeff Baxter. À mon goût, les qualités sonores individuelles de l’IN300 et des B&W 803 D4 semblaient avoir le don de s’équilibrer mutuellement.
J’ai également eu l’occasion d’associer l’Atoll IN300 aux enceintes Sonus faber Olympica Nova V pendant leur séjour à la maison, et le résultat fut une autre association des plus réussies. La platine vinyle VPI Avenger Direct venait d’arriver pour test, et j’ai décidé de l’inaugurer avec l’IN300. Les sorties XLR du Parasound ZPhono XRM m’ont permis d’utiliser les entrées symétriques de l’Atoll pour l’écoute de vinyles. Après avoir installé la cellule MC Audio-Technica ART20 et réglé la platine VPI, j’ai commencé à écouter quelques disques. Ce qui devait être une simple journée d’écoute de mes albums préférés s’est transformé en une semaine entière de passion pour le vinyle. Le son était excellent. Vraiment excellent ! Les enceintes Sonus faber se sont parfaitement intégrées à ma pièce, mieux que d’autres enceintes que j’ai pu tester. Les basses étaient particulièrement profondes et homogènes, les voix et les instruments médiums étaient riches et agréables, et les aigus restaient dynamiques sans jamais être agressifs. L’Atoll IN300 a sublimé ces qualités sonores déjà exceptionnelles. Sa maîtrise parfaite des enceintes Sonus faber a permis de renforcer l’impact des basses, tandis que ses timbres plus riches et profonds ont donné encore plus de corps aux voix et aux instruments. L’alchimie opérée par la combinaison VPI/Audio-Technica/Parasound dans la trame musicale était tout simplement incomparable.
Kenny Dorham « Quiet Kenny »
L’écoute de la réédition mono de « Quiet Kenny » de Kenny Dorham a révélé un son d’une fluidité et d’une douceur enveloppantes, sur un fond sonore d’une pureté exceptionnelle. Des morceaux comme « Blue Friday » ont conservé un équilibre parfait entre le jeu de trompette suave et presque palpable de Dorham, le brillant cuivré de la cymbale ride et les pincements précis et solides de la contrebasse. À l’écoute de « Alone Together », la fusion de ces composants était si réussie que la chanson vous enveloppe littéralement et vous touche en plein cœur. Il vous donne envie de serrer très fort dans vos bras la personne que vous aimez et de ne plus la lâcher.
Les ingénieurs d’Atoll ont également fait preuve d’une grande intelligence en intégrant judicieusement la prise casque asymétrique. En testant différents casques avec l’IN300, j’ai découvert une section d’amplification casque très performante, suffisamment puissante pour alimenter mes casques Beyerdynamic DT880 PRO (250 ohms), HIFIMAN HE1000v2 et Focal Utopia (test à venir) à des volumes élevés et nets, avec une marge de manœuvre confortable. J’avais précédemment noté que la section casque du Technics SU-R1000 me semblait un peu légère avec certaines combinaisons de casques. Ce n’était absolument pas le cas avec l’IN300. Les ingénieurs d’Atoll ont conçu une section d’amplification casque offrant un son constamment excellent, quel que soit le casque testé.
Conclusion
L’Atoll IN300 est comme un marteau-pilon dans un costume sur mesure. Il allie puissance et finesse avec une égale justesse et mérite assurément qu’on s’y attarde.
L’amplificateur intégré Atoll IN300, à l’instar des enceintes Atohm GT2-HD que j’ai testées précédemment, est un appareil audio français de grande qualité, probablement méconnu du grand public. C’est un peu dommage, car je l’ai trouvé tout à fait digne d’intérêt. Son élégance discrète dissimule un appareil robuste et bien conçu. Dépourvu de fioritures, il offre un son séduisant et une puissance largement suffisante pour alimenter sans problème des enceintes colonnes de belle taille. Doté de nombreuses entrées numériques et analogiques, l’IN300 est un amplificateur intégré classique et très polyvalent. Grâce à sa conception double mono symétrique, il surpasse nettement les amplificateurs intégrés grand public en termes de fabrication et de sophistication. Si je pouvais formuler une suggestion d’amélioration, j’aimerais l’ajout d’une entrée HDMI ARC. Cependant, grâce à ses nombreuses connexions numériques optiques et coaxiales, connecter un téléviseur à l’Atoll n’est pas totalement inutile.
L’un des aspects les plus plaisants de mon métier de testeur est de dénicher des surprises. Des appareils qui, d’une manière ou d’une autre, révèlent une valeur insoupçonnée ou procurent une satisfaction inattendue. L’amplificateur intégré Atoll IN300 s’inscrit parfaitement dans cette catégorie. Un composant Hi-Fi haut de gamme, conçu par nos amis français, d’une robustesse à toute épreuve et offrant une musicalité bien plus riche et satisfaisante qu’on ne pourrait l’imaginer.
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