Performances
Neat a tenu à souligner que la Mystique gagne à être rodée, sans pour autant sonner de manière aussi étrange dès la sortie du carton que l’Elite ; mon expérience avec les modèles de test semble confirmer ce point. Une écoute très rapide juste après le branchement n’a pas provoqué ce sentiment de léger désagrément ressenti avec l’Elite. Cela dit, elles se sont améliorées. Et de quelle manière !
La Mystique possède certaines caractéristiques qui trahissent immédiatement sa signature « Neat ». Le mot qui revenait sans cesse dans le méli-mélo de phrases, de gribouillages et d’hiéroglyphes divers constituant mes notes est « cohérence » (ou « unité »). Dans le cas de la Mystique, cela se traduit par une enceinte qui semble émettre le son depuis un point unique plutôt que depuis une juxtaposition de haut-parleurs, et qui ne perd jamais cette cohésion, même lorsqu’on la sollicite intensément sur des morceaux complexes. J’ai testé des enceintes coûtant plusieurs fois ce prix et équipées de haut-parleurs développés en interne qui n’arrivent pas à égaler la prestation de ce petit coffret.
La Mystique s’appuie sur cette base pour offrir une restitution sonore invariablement plaisante. L’écoute du titre *The Court* de Peter Gabriel sur la Mystique ne donne pas lieu à une restitution hyper-analytique — du genre à vous faire deviner ce que l’artiste a mangé au petit-déjeuner — mais elle saisit l’essence globale du morceau de façon incroyablement satisfaisante. Ce n’est pas une enceinte conçue pour la dissection sonore ; elle ne cherche d’ailleurs jamais à l’être. Elle se concentre avant tout sur le message musical. Je suis conscient que, pour certains lecteurs, cette phrase pourra sembler dénuée de sens, voire exaspérante ; pourtant, écouter un morceau que l’on connaît et que l’on aime sur les Mystique permet d’établir un lien bien plus profond qu’une simple analyse d’une courbe de réponse en fréquence en se disant : « Ah oui, c’est bien ça. »
La restitution sonore présente toutefois des caractéristiques bien définies. À l’instar de leurs homologues de la gamme Classic, l’utilisation d’un tweeter AMT leur confère une dispersion exceptionnelle dans les hautes fréquences. Cela permet aux Mystique de créer une scène sonore qui dément leur petite taille, notamment grâce à une hauteur de restitution réelle et constante. L’ampleur et la puissance du morceau *Berlin Sunrise* (issu de l’album *Fink meets the Royal Concertgebouw Orchestra*) sont presque déroutantes lorsqu’on considère le gabarit réduit des enceintes qui produisent ce son.
À cela s’ajoute une extension des basses fréquences qui, par son poids et son ampleur, rivalise véritablement avec celle du modèle Elite, pourtant plus imposant. À aucun moment lors de mes écoutes je ne me suis dit que la Mystique aurait gagné à intégrer le haut-parleur plus massif de la Petite plutôt que celui de la Motive. La conception de l’évent et du socle est tout aussi efficace que sur l’Elite ; c’est une enceinte qui s’accommode parfaitement des planchers suspendus sans pour autant faire profiter vos voisins du dessous de votre musique.
Il y a toutefois un bémol, bien visible sur la fiche technique. Neat annonce une sensibilité de 86 dB/W pour la Mystique ; au vu du temps passé avec ces enceintes, ce chiffre me semble quelque peu optimiste. Il s’agit d’une enceinte qui nécessite beaucoup de puissance pour révéler tout son potentiel ; vous devrez donc vous assurer de disposer de suffisamment de réserve pour qu’elles puissent s’exprimer pleinement. En 2024, la plupart des amplificateurs de gamme équivalente feront l’affaire, mais si vous venez d’acquérir un Musical Fidelity A1, le modèle Petite — plus facile à piloter — constituerait un meilleur choix, comme l’ont démontré les tests effectués avec l’A1. Je conseillerais également de s’assurer que votre source vinyle offre un gain suffisant pour garantir la marge dynamique nécessaire. Si l’on fournit à la Mystique l’alimentation et le courant dont elle a besoin, on découvre une capacité à captiver et un plaisir pur qui m’ont immédiatement rappelé l’époque où la Petite Classic s’imposait comme une candidate sérieuse au titre de « Produit de l’année ». Cette qualité indéniable — celle qui vous fait dire « arrêtez tout et écoutez ÇA ! » — incarne parfaitement les vertus dont Neat fait preuve depuis ses débuts. Bien qu’elle n’atteigne peut-être pas la puissance brute de l’Elite, la Mystique dégage une joie palpable que, pour être honnête, j’ai parfois préférée.
Conclusion
Test de l’enceinte Neat Mystique Classic
Parmi les trois modèles de la gamme Neat Classic, la Mystique est celui avec lequel j’avais le moins d’expérience préalable et, peut-être, le moins d’idées préconçues quant à ce qu’il fallait en attendre. Les différences entre ce modèle récent et la version dont la production a cessé il y a dix-neuf ans sont telles qu’il m’est impossible de dire à quel point cette nouvelle mouture se rapproche de l’esprit d’origine.
Ce que je peux affirmer, en revanche, c’est qu’elle est tout aussi talentueuse que les autres modèles Classic et qu’elle s’avère sans doute plus pertinente que ses consœurs sur le marché actuel. Pour peu que vous disposiez de l’amplification nécessaire pour les faire chanter, ces enceintes s’adapteront à une grande variété d’espaces, sans se montrer trop exigeantes quant à la proximité des murs ou à la nature du support. À peine plus onéreuse que la Petite accompagnée d’une bonne paire de pieds, elle procure le même bonheur absolu que sa petite sœur. Si la Mystique n’a peut-être pas un passé aussi prestigieux que les autres enceintes emblématiques de Neat, elle promet un avenir radieux et mérite amplement le label « Best Buy ».
Lire la critique complète AVFORUMS
Consulter la fiche produit Neat Mystique Classic
