Je peux affirmer en toute honnêteté que je n’étais pas préparé à ce que j’ai entendu avec le Limetree. Je m’attendais honnêtement à une restitution sonore agréable et correcte, mais sans commune mesure avec des produits coûtant plusieurs fois plus cher. Ce que j’ai obtenu, c’est une restitution riche et naturelle, bien loin du son étriqué et artificiel auquel je m’attends généralement avec des appareils numériques d’entrée de gamme. Le morceau « Montezuma », issu de l’album *Apurimac II* (1994) du groupe Cusco, intègre des sonorités d’Amérique centrale et du Sud réinterprétées avec une touche européenne résolument moderne. Le titre s’ouvre sur le son d’une flûte péruvienne, restitué avec une véritable sensation d’espace et d’air autour de l’instrument.
La flûte est ensuite rejointe par un rythme de batterie régulier qui complète l’ensemble sans jamais l’écraser. La texture sonore s’enrichit lorsque le synthétiseur entre en scène ; il reprend la mélodie principale tout en reléguant la flûte et la batterie à l’arrière-plan. Les sources numériques bon marché ont tendance à fusionner tous ces éléments en une ligne sonore unique, dépourvue de profondeur ou d’aération. Le Limetree Network de Lindemann Audio a su gérer la complexité de ce morceau sans aucun des défauts que je redoutais. Chaque élément était restitué avec une grande précision et parfaitement positionné au sein de la scène sonore. Les flûtes conservaient le timbre caractéristique de l’air circulant dans un tuyau en bois, tandis que la batterie gardait toute sa netteté et son extinction naturelle.
Plaisirs musicaux
L’un des albums que j’ai écoutés en boucle ces derniers temps est le dernier opus de Chelsea Williams, intitulé *Boomerang*. Sur cet album, Chelsea entremêle trois genres (indie-folk, country et pop) — qui ont façonné son style musical depuis ses débuts sur la jetée de Santa Monica — pour créer une œuvre que je considère comme un chef-d’œuvre, susceptible de propulser sa carrière à un niveau supérieur. J’ai écouté cet album aussi bien en CD qu’en vinyle. Chelsea a eu l’occasion d’entendre l’enregistrement sur ces deux supports via mon système, et nous avons tous deux estimé que le vinyle surpassait le CD. Le son était plus naturel et plus dynamique, avec beaucoup plus d’espace autour de sa voix. La scène sonore offrait plus de profondeur et une meilleure focalisation que sur le CD. C’était comme si l’on avait nettoyé une vitre, offrant ainsi à l’auditeur une vision plus claire de l’événement musical.
J’ai également comparé la version de l’album diffusée en streaming sur Tidal aux versions vinyle et CD. À mon avis, la version vinyle reste la meilleure, mais la version lue en streaming via le Limetree Network s’en rapprochait énormément. J’ai pu profiter d’une restitution possédant bon nombre des qualités qui rendent la version vinyle si particulière. La présentation sonore était d’un naturel saisissant, offrant une profondeur et une aération remarquables. C’est la reproduction de sa voix qui m’a le plus surpris. J’ai déjà entendu Chelsea interpréter en direct, dans mon salon, bon nombre des chansons présentes sur cet album. Le Network a su capturer à la perfection la beauté et la magie qui rendent sa voix si unique.
Le Limetree Network de Lindemann excelle face à des enregistrements d’une grande complexité, comme ceux d’une symphonie. Par exemple, l’enregistrement Mercury de 1954 de l’« Ouverture 1812 » de Tchaïkovski, interprétée par l’Orchestre symphonique de Minneapolis, demeure la référence absolue pour cette œuvre classique et vibrante, quelque soixante-cinq ans plus tard. Le Limetree gère la complexité de cet enregistrement avec une aisance totale. Le son ne sature jamais, même lorsque la musique monte en puissance vers son apogée. C’est presque comme si l’appareil lançait un défi : « Amenez les canons, les cloches, les cordes et tout le reste, je suis prêt. » Et il relève le défi haut la main !
J’ai effectué la majeure partie de mes écoutes avec le Limetree configuré pour convertir tous les signaux en DSD. Si j’ai fait ce choix, c’est parce que, bien que le Limetree Network soit excellent en mode PCM, les performances atteignent un niveau supérieur en mode de rééchantillonnage. J’ai également testé la sortie casque et ai constaté que l’expérience d’écoute restait tout aussi exceptionnelle.
Certes, le Limetree Network de Lindemann Audio est minuscule. Nous le savons. Mais quel est son prix ? C’est là que réside la véritable surprise ! Le Limetree Network est proposé à 895 €, soit environ 1 005 $ pour nous, de ce côté-ci de l’Atlantique. En somme, le Limetree Network prouve que les meilleures choses se trouvent parfois dans les plus petits formats ! Il faut absolument que vous l’écoutiez. Avec cet appareil, Lindemann Audio a réalisé un véritable coup de maître !
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