« Test de l’enceinte colonne Neat IOTA Alpha 2 » AVFORUMS

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Avant de nous laisser aller à des impressions plus subjectives, il convient d’aborder quelques points techniques. L’un est positif, l’autre mérite davantage d’attention. Le point positif est que, bien qu’installé de manière à ne voir que 50 % de la paire d’enceintes, j’ai profité d’une véritable restitution stéréo. On aurait pu s’attendre à une altération du son, à une baisse sensible du niveau perçu ou à une impression de déséquilibre, mais rien de tel : la présentation sonore reste parfaitement stéréo. Lorsque j’avais testé le modèle original dans mon ancien logement, je conservais une ligne de vue directe vers les deux enceintes. Elles laissaient entrevoir cette capacité, mais c’est bien cet essai-ci qui l’a confirmée.

Le point qui mérite réflexion est que l’Alpha II n’est pas une enceinte très facile à piloter. Neat ne communique pas de données précises sur la réponse en fréquence, mais je doute que cette colonne s’éloigne beaucoup de la sensibilité de 86 dB du modèle de bibliothèque ; par ailleurs, le haut-parleur de grave orienté vers le bas accroît sans doute les besoins en courant. C’est peut-être une petite enceinte, mais elle réclame une solide amplification. Certes, il existe de nombreux amplificateurs aux topologies variées capables de faire l’affaire, mais cette enceinte ne saurait compenser les lacunes d’un amplificateur médiocre.

Cela dit, elles méritent amplement la puissance et le courant qu’elles exigent. La période durant laquelle j’ai eu les Neat chez moi a coïncidé avec la sortie de l’album *Resonance* d’Acid Arab. J’adore Acid Arab : c’est un véritable mur de son — de la musique que l’on ressent jusque dans les tripes, qu’on écoute à un volume tel que la vision en tremble — mais le tout bénéficie d’un mastering d’une finesse remarquable. En théorie, une enceinte de 45 cm de haut ne devrait pas être l’outil idéal pour ce genre de musique… pourtant, l’Alpha II offre une restitution absolument convaincante, grâce à trois atouts majeurs.

Le premier est sans doute le plus évident. Bien que je n’aie pas atteint les 33 Hz (à +/- 3 dB près) dans cette pièce qui engloutit littéralement les basses, l’Alpha II maintient une réponse linéaire jusqu’en dessous de 40 Hz. C’est une performance impressionnante pour une enceinte qu’un de mes chats a choisi d’enjamber plutôt que de contourner au moment même où j’écris ces lignes. Il s’agit par ailleurs du « grave façon Neat », caractérisé par une rapidité de réponse aux transitoires digne d’une mouche domestique. Il existe très, très peu d’enceintes capables d’une telle vivacité et d’une telle réactivité que l’Alpha II.

À certains égards, c’est la suite de la prestation des Neat qui impressionne le plus. L’ampleur et la présentation sonore sont bien loin de ce que l’on pourrait attendre d’un modèle aussi compact et aussi proche du sol. Pour peu que le tweeter à ruban soit orienté vers l’extérieur (une recommandation de Neat, et pas seulement la mienne), l’image stéréo est à la fois spacieuse et d’un réalisme saisissant. En écoutant les yeux fermés, on jurerait que le tweeter se trouve à hauteur d’oreille.

Enfin, la restitution est également convaincante sur le plan tonal. Même si l’on peut arguer que le réalisme des timbres n’est pas la priorité absolue face à des déferlements de sons électroniques, les Neat parviennent à intégrer les voix et les instruments avec une réelle maîtrise. L’expérience de la marque dans l’association de tweeters à ruban (ou à faible masse mobile) et de haut-parleurs de médium-grave dynamiques saute aux yeux : la transition entre les registres est totalement imperceptible à l’oreille.

Autre point tout aussi important : lorsque l’on délaisse la techno internationale survoltée pour des musiques plus conventionnelles, les Neat ne perdent rien de leur superbe. On retrouve ce sentiment indéfinissable de satisfaction musicale qui caractérise depuis des années les écoutes des enceintes de la marque. L’expérience reste toujours aussi plaisante, qu’il s’agisse de décortiquer les nuances de *Liminal* de Poppy Ackroyd ou de se laisser emporter par l’énergie brute et rugueuse de *Gravity Freeze* de Little Barrie.

Il convient toutefois d’évoquer les compromis, car il y en a. Si vous possédez déjà des pieds d’enceintes, le modèle Petite Classic — proposé au même prix — est loin d’être encombrant ; je pense qu’il offre des performances légèrement supérieures et qu’il est plus facile à alimenter. La Mystique est également plus performante, bien qu’elle impose les mêmes exigences à l’amplification associée.

Conclusion

Très peu de ces concurrentes — qu’elles soient signées Neat ou non — parviennent à s’effacer aussi bien pour laisser place à la musique que cette enceinte. Il est révélateur de constater que ni l’Alpha originale ni l’actuelle Alpha II n’ont jamais été remplacées par un autre modèle au sein de la gamme Neat. Même ses créateurs reconnaissent qu’il s’agit d’un appareil de niche qui ne plaira pas à tout le monde. Toutefois, si l’espace est compté, que le mobilier a remporté la bataille du placement et qu’aucune autre solution ne semble offrir de résultats probants, la Neat est là pour prendre la relève de son aînée. L’IOTA Alpha II atteint des sommets inaccessibles aux autres enceintes ; elle est, par conséquent, vivement recommandée.

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