Voici un aperçu de l’article « Test : Lindemann musicbook SOURCE | Lecteur réseau – Retour vers le futur », publié dans le magazine spécialisé FAIR AUDIO :
Lindemann SOURCE : Impressions sonores et comparaisons
Quelques mots sur le protocole de test : j’ai connecté le lecteur CD Lindemann Musicbook SOURCE directement à mes amplificateurs (Valvet E2, Hegel H90). La musique était diffusée en haute résolution via Tidal HiFi (FLAC) par réseau local et sans fil, et également lue en numérique et en analogique depuis mon lecteur CD C.E.C. CD5. Ensuite, j’ai profité d’une écoute vinyle relaxante avec la platine Rega RP3 (aux alentours de 800 €) équipée de la cellule Rega Exact MM (400 €). Mais commençons par l’écoute numérique ; les caractéristiques sonores du Lindemann SOURCE étant identiques en streaming et en mode DAC, je ne ferai pas de distinction supplémentaire.
Première impression ? Eh bien, j’ai d’excellents souvenirs des précédents modèles Musicbook, j’ai donc été un peu surpris par le SOURCE : le son est globalement plus doux et plus « analogique » que ses prédécesseurs. Qu’est‑ce que je veux dire précisément par là ?
Impression tonale
Essayons quelques critères concrets. Sur le plan tonal, rien n’a changé par rapport aux anciens Musicbook ; on pourrait presque poser un niveau à bulle sur la réponse en fréquence du Lindemann SOURCE sans hésiter : aucune anomalie, aucune accentuation, aucun creux, aucune transition brutale, rien de tout cela. Ceci est valable pour toute la gamme de fréquences, y compris ses extrêmes : si la source fournit des infrabasses (et le reste du système, bien sûr), le Musicbook SOURCE les projette dans la pièce. Si l’enregistrement offre un riche spectre d’harmoniques – générées électroniquement ou acoustiquement, peu importe – le Lindemann SOURCE ne les altère pas et ne les assombrit pas. Non, la « rondeur » ou le côté « analogique » évoquée plus haut semble provenir de la microdynamique ; le Lindemann SOURCE fait simplement ressortir des gradations encore plus subtiles que ses prédécesseurs, jouant, en quelque sorte, de manière plus « fluide ». Alors, quel est le résultat ?
Dynamique
Prenons par exemple le morceau « Brothers in Arms » de Dire Straits, extrait de l’album du même nom. Dès les premières notes, Mark Knopfler joue son intro quasi iconique. Bien qu’elle paraisse d’une simplicité enfantine et facile à reproduire pour les débutants, Knopfler utilise plusieurs techniques de jeu en seulement quatre mesures, principalement le pincé, les pull‑offs, le bending et le vibrato. Ces techniques influencent non seulement la hauteur des notes, mais aussi leur dynamique, ainsi que celle de toute la ligne mélodique. Avec le Lindemann SOURCE, on perçoit les doigts de Knopfler avec une précision incroyable. Même les nuances et les effets les plus subtils deviennent audibles, comme au microscope. Le plus beau, c’est que l’on entend tout cela naturellement, sans que cela nous soit imposé. Lindemann réussit ainsi un véritable tour de force. D’un côté, il offre une précision extrême, et de l’autre, on se laisse emporter par le flux musical sans subir une analyse clinique. Une comparaison directe avec mon lecteur CD C.E.C. CD 5 ne révèle qu’une différence minime au niveau du profil sonore. L’origine de cette différence (puce ESS Sabre ou à l’étage de sortie) reste discutable : si la dynamique est quasiment identique, le CD 5 (environ 3 700 €) offre une présence légèrement supérieure dans les aigus, sans pour autant gagner en finesse.
Autre atout du Lindemann SOURCE : sa précision, son groove et son sens du rythme. Certes, de nombreux appareils possèdent ces qualités, mais l’expérience montre que beaucoup excellent davantage dans les médiums et les aigus que dans les graves. Dans le morceau « Love Comes Tumbling » de U2 (extrait de l’album/EP *Wide Awake in America*), par exemple, la chanson repose presque entièrement sur les lignes de basse imaginatives d’Adam Clayton. La composition, quant à elle, est plutôt simple ; Le couplet et le refrain se composent principalement de deux accords grattés, mais la ligne de basse raconte véritablement une histoire. Différentes techniques de jeu sont employées, du walking bass classique aux ponctuations rythmiques, en passant par le slap (doux) et le jeu sur la corde la plus aiguë. Le lecteur Lindemann SOURCE restitue l’ensemble avec une clarté parfaite. Que Clayton slap la corde la plus grave ou qu’il « se promène » sur la plus aiguë, la restitution est d’une grande précision, ce qui confère à la chanson une cohésion et un caractère captivants. Bien que ce critère soit déterminant pour l’influence des amplificateurs et des enceintes, certains appareils sources peuvent également présenter des différences : le lecteur réseau Pioneer N-50, par exemple, manque de profondeur dans les graves et ne permet pas au morceau de s’exprimer pleinement – mais à 600 euros, son prix est nettement inférieur. Le convertisseur du Lindemann SOURCE me rappelle davantage le Perreaux Audiant DP32 (2 900 euros) – celui-ci combine également une précision tonale avec une excellente microdynamique pour créer une expérience d’écoute à la fois discrète et exquise.
Scène sonore
Sur le plan de la scène sonore, le Musicbook SOURCE ouvre un nouveau chapitre : la largeur et la profondeur de la scène sonore sont désormais d’une précision accrue par rapport aux Musicbook que je connaissais jusqu’à présent. La scène commence toujours avec une grande précision au niveau de la base de l’enceinte, et son étendue horizontale reste inchangée. Néanmoins, deux améliorations sont à noter.
Premièrement, certaines sources sonores sont localisées avec une précision encore plus grande : si l’on reprend l’écoute de « Telegraph Road » de Dire Straits (album : Love over Gold ; disponible sur Amazon), après l’introduction de la batterie, on entend à plusieurs reprises des coups de congas individuels, légèrement décalés vers la droite avec un effet de délai et de réverbération. Ces coups sont localisés avec précision, non seulement horizontalement, mais aussi en profondeur ; ils se situent clairement derrière la guitare solo, mais devant les cordes synthétiques aiguës qui persistent depuis l’introduction et ne disparaissent qu’après environ deux minutes. De manière très appréciable, cette précision s’applique également aux subtiles variations dynamiques : on peut les percevoir avec une grande facilité, si on le souhaite, sans jamais perdre de vue l’ensemble. Le lecteur Musicbook SOURCE devrait donc convenir à deux types d’auditeurs : ceux qui souhaitent simplement se détendre et apprécier la musique, et ceux qui sont attentifs au moindre détail. D’ailleurs, la scène sonore de mon CD C.E.C. 5 est moins profonde, ou plutôt plus arrondie, tandis que le Lindemann SOURCE définit avec précision les limites spatiales à l’arrière, à droite et à gauche.
L’autre amélioration de la scène sonore concerne la reproduction authentique de l’acoustique de la pièce : il ne s’agit pas ici de la localisation des sources sonores ni de notions comme la largeur et la profondeur, mais de la sensation réaliste d’être « transporté » au cœur du lieu de l’interprétation. Pour ce faire, j’ai utilisé un enregistrement de piano solo, et plus précisément l’intégrale des sonates de Beethoven par Igor Levit. Écouter le Lindemann Musicbook SOURCE est un pur délice ! Outre les qualités déjà mentionnées, il possède également la capacité de reproduire les nombreux paramètres qui définissent l’acoustique d’une pièce (pour les puristes : volume, forme, diffraction et réflexion du son, temps de réverbération, proportion de son direct et de son diffus, premières réflexions, etc.) avec une telle précision qu’on a l’impression d’être assis dans la salle de concert.
L’excellent rapport signal/bruit, la faible distorsion, la précision tonale et la microdynamique stupéfiante du préamplificateur font ici toute la différence. Et cerise sur le gâteau : il fonctionne même à très faible volume. On connaît tous cet effet : on baisse lentement le volume à partir d’un niveau d’écoute confortable, et simultanément, l’image stéréo se rétrécit dans toutes les directions. Rien de tout cela ne se produit avec le Lindemann SOURCE ; c’est une perle rare. Je n’avais auparavant expérimenté une scène sonore aussi cohérente, quel que soit le volume d’écoute, qu’une seule fois : avec le lecteur réseau AVM Ovation MP 8.2, qui coûte pourtant presque trois fois plus cher.
Phono
Enfin, l’entrée phono. Comme prévu, c’est bien plus qu’un simple bonus. Ici aussi, le rapport signal/bruit – autrement dit, le silence absolu sur lequel la musique se déploie – est impressionnant. On retrouve également une précision rythmique et une restitution vive, bien articulée. Le morceau incroyablement entraînant « Tropic » de Wave Pictures (album : City Forgiveness ; disponible sur Amazon), malgré une batterie jouée de manière stoïque, est un vrai régal à l’écoute sur vinyle. Pourquoi ? Parce qu’une scène sonore très vivante se dégage, parce que la basse, la grosse caisse, la caisse claire et la guitare twangy sont projetées avec énergie et sans traînage, et parce que les médiums, en particulier, sont rendus avec une grande finesse, digne d’une bonne écoute vinyle. Sur le plan tonal, l’étage phono présente une légère rondeur dans les aigus, ce qui atténue la violence du solo de guitare assez incisif à la fin du morceau – je l’ai entendu sonner beaucoup plus agressif avec d’autres préamplis phono.
Bien sûr, ce lecteur Musicbook ne peut rivaliser avec un préamplificateur haut de gamme comme l’Acousticplan Phonomaster (5 000 €) ou le Musical Fidelity Nuvista Vinyl (3 500 €). Mais ce que Lindemann a intégré ici surpasse sans aucun doute pas mal de solutions externes situées dans la tranche de prix d’environ 500 euros..
Conclusion du test : Lindemann musicbook SOURCE
Avec le musicbook SOURCE, Lindemann signe une nouvelle évolution convaincante de son concept bien connu. Concrètement, cela se traduit par la suppression de certaines entrées numériques et l’ajout d’une entrée phono : l’accent est clairement mis sur le streaming réseau et le vinyle, en phase avec les tendances actuelles. Mais l’évolution chez Lindemann concerne aussi le rendu sonore. Pourquoi toucher aux points forts des précédents Musicbook — comme leur réponse en fréquence irréprochable — lorsqu’ils sont déjà au niveau attendu ?
Il est préférable d’optimiser là où il y avait encore une marge de progression : la microdynamique et la résolution, l’authenticité de la scène sonore et la localisation des sources sonores. J’ai rarement entendu un appareil dans cette gamme de prix dont la section numérique fonctionne avec autant de fluidité, de musicalité, de précision et de haute résolution. Ajoutez à cela l’excellent préamplificateur phono et l’application Lindemann, stable et intuitive, et le musicbook SOURCE offre un ensemble véritablement impressionnant.
Profil Lindemann musicbook SOURCE
- Une réponse en fréquence d’une neutralité remarquable. Une tonalité homogène, sans coloration artificielle, pour une reproduction fidèle sur toute la gamme de fréquences. Les basses sont pleinement présentes jusqu’aux infrabasses, les médiums sont d’une grande finesse et les aigus sont présents jusqu’aux très hautes fréquences, non pas accentués, mais simplement présents.
- En termes de timbre, l’appareil Lindemann restitue les caractéristiques sonores analogiques avec une grande précision : un son exempt d’agressivité, mais jamais fade. Que vous préfériez la musique de chambre, le jazz acoustique ou la musique électronique, Lindemann fait ressortir l’authenticité des altos, hautbois, flûtes et contrebasses avec la même efficacité qu’une ligne de basse percutante de synthétiseur vintage.
- En termes de dynamique, tant macro que micro, le musicbook SOURCE impressionne par un niveau de nuance et de précision qui reste remarquable, et soutient la comparaison avec des appareils de gammes supérieures. Il offre à la fois une immersion totale dans la musique et la capacité d’apprécier les moindres détails.
- La scène sonore est considérablement améliorée par rapport aux modèles précédents : les sources sonores sont localisées avec une précision exceptionnelle, tant en largeur qu’en profondeur, et l’environnement – l’espace d’enregistrement et ses caractéristiques – est restitué avec un réalisme saisissant. Ceci permet, là encore, une expérience d’écoute immersive et une compréhension précise de l’enregistrement lui-même.
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