Écoute
Lorsque j’écoute des enceintes de type « monitor » britanniques comme les Neat Acoustics Ministra, j’ai tendance à me tourner principalement vers des enregistrements acoustiques. Ce n’est pas une critique de la capacité de ces enceintes britanniques à « envoyer du lourd », mais plutôt le fait que je me sens soudain attiré par les guitares acoustiques ou par tout ce qui possède une sonorité aérienne et délicate. De plus, je dispose actuellement d’une vaste sélection de musiques atmosphériques et oniriques éparpillées dans mon espace d’écoute.
Alors que l’année 2022 touchait péniblement à sa fin, je me suis surpris à choisir *New Dreams* — de Barry Coates, Jim Haslip et Jerry Kalaf — comme meilleur album de l’année. C’est un album magnifique, d’une grande cohésion, interprété par un trio de guitare jazz introspectif ; la musique semble toujours plus dépouillée que la moyenne, comme si l’ensemble avait débuté en quatuor avant qu’un musicien ne se désiste au dernier moment. Le résultat, pour moi du moins, est que mon esprit comble les vides avec ses propres idées, donnant naissance à un album qui semble différent à chaque nouvelle écoute.
Les enceintes Neat Acoustics Ministra ont toutefois su restituer toute la richesse de la performance, trouvant un équilibre parfait entre l’attaque profonde et affirmée de la basse de Haslip et le scintillement constant des cymbales de Kalaf. Avec des enceintes plus imposantes, ces interventions de basse marquées — presque saisissantes — prenaient parfois trop d’ampleur ; les Ministra, elles, les ont rendues naturelles, parfaitement intégrées entre les percussions et les guitares éthérées.
Les Ministra ont également opéré une certaine magie avec le nouvel album d’Hilary Hahn, *Eclipse*, dans lequel elle interprète le Concerto pour violon de Dvořák. Je craignais qu’il ne soit risqué de demander aux Neat de restituer l’impact d’un orchestre symphonique de premier plan — en l’occurrence, le remarquable Orchestre de la radio de Francfort — et je doutais qu’elles en aient l’envergure. Elles ont pourtant relevé le défi avec brio, démontrant ainsi la capacité des Neat Acoustics Ministra à offrir un équilibre et une assise sonore justes sur tous les types de musique, dans des limites raisonnables.
Les Neat Acoustics Ministra ont-elles trahi leur taille modeste lorsque j’ai laissé libre cours à mon penchant pour la musique explosive, en enchaînant les titres de Tool, Swans, System of a Down et même un ou deux tests sur le morceau « Yulunga » ? En quelque sorte, mais pas de la manière habituelle pour des enceintes compactes. Certaines enceintes compactes se crispent instantanément lorsqu’on monte le volume pour faire la fête ; c’est alors qu’on réalise qu’on a poussé une petite enceinte innocente dans ses derniers retranchements. Les Ministra n’ont jamais réagi ainsi, ce qui est sans aucun doute dû à la conception de leur haut-parleur de grave en configuration isobarique.
Pendant de nombreuses années, j’ai écouté des enceintes compactes britanniques deux voies, adaptant mes goûts musicaux à leurs capacités ; c’est à cette époque que j’ai délaissé Led Zeppelin et Pink Floyd au profit des quatuors à cordes et des trios de jazz. Si j’étais tombé sur les Ministra à ce moment-là, j’aurais pu tout avoir, y compris une lettre d’expulsion de mon propriétaire. Je n’ai eu aucun mal à obtenir un volume sonore élevé avec les Neat Acoustics Ministra — pas un niveau déraisonnable, bien sûr, mais suffisant pour avoir le sentiment d’entendre tout ce qu’il fallait entendre.
Conclusion sur les Neat Acoustics Ministra
J’ai souvent dit que j’aimais toujours tester de petites enceintes dans la fourchette de prix des 3 000 dollars, car c’est dans cette gamme que j’ai évolué pendant la majeure partie de mon parcours d’audiophile. Une grande partie de mon cœur d’audiophile, en fait, y est toujours attachée.
À l’époque, on pouvait encore s’offrir une enceinte britannique de qualité comme la Harbeth Monitor 30, la ProAc Response D2 ou la Spendor SP2/3 pour ce prix-là. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’idée même que l’on puisse acquérir les Neat Acoustics Ministra pour moins de 3 000 dollars la paire tout en bénéficiant de ces qualités légendaires du son britannique — comme le réalisme du registre médium et cette chaleur familière qui apaise l’esprit à tout moment de la journée… eh bien, c’est tout l’essence de la hi-fi britannique, n’est-ce pas ? C’est une mise en œuvre pleine de goût de ce qui compte vraiment.
Quant à la conception isobarique du haut-parleur de grave des Neat Acoustics Ministra, je pense qu’elle est réussie à bien des égards. Je me demande toutefois comment sonnerait la même enceinte si elle était équipée d’un seul haut-parleur de grave. (Je me demande aussi à quel stade les modèles plus imposants de la gamme Strata parviennent à briser cette ultime barrière liée aux dimensions de la scène sonore ; je parie que ce n’est plus qu’une question de temps.) La Ministra n’était pas la sempiternelle petite enceinte aux basses impressionnantes, mais plutôt une enceinte compacte offrant une superbe musicalité et un équilibre naturel qui, à mes oreilles, sonnait tout simplement juste, encore et encore.
Vivement recommandée.
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