Premières impressions
Après avoir utilisé les Momentum JS dans mon système pendant plusieurs jours, je m’y étais déjà habitué lorsque le comité d’écoute s’est réuni. La première chose qui m’a frappé, c’est la proximité possible avec le mur arrière sans que l’évent bass-reflex ne pose problème ; son rayonnement est manifestement très bien maîtrisé grâce à l’utilisation d’un filtre acoustique.
Sur le plan sonore, cette version personnalisée du tweeter AMT d’Elac est un véritable plaisir à écouter ; il est impossible — oserais-je dire — d’y déceler la moindre agressivité ou distorsion désagréable. Quant au grave… eh bien, pour une enceinte de seulement 14 litres, le résultat est tout simplement stupéfiant, tant en quantité qu’en qualité. J’ai également beaucoup apprécié la fidélité de la reproduction : seules les basses fréquences présentes sur l’enregistrement original étaient restituées, avec soin et clarté. Trop d’enceintes semblent générer leurs propres basses, ce qui confère au son global un caractère artificiel.
Une grande partie de mes écoutes quotidiennes étant consacrée à la voix parlée, les Momentum JS se sont révélées parfaitement à l’aise avec ce type de signal. Elles ont restitué avec une aisance remarquable les dialogues de bandes-son analogiques issues de drames et de comédies des années 70 et 80, surpassant de loin presque toutes les enceintes testées ces derniers mois. À tel point que j’ai perçu des détails très subtils — bruits d’arrière-plan, effets sonores ou ambiances — sur des enregistrements que je pensais pourtant bien connaître ; ce superbe tweeter révèle des nuances d’une extrême finesse à bas niveau, sans jamais agresser l’auditeur par une brillance excessive ou une emphase artificielle.
Une prestation délicieuse
Alors que les premiers flocons de l’hiver tombaient dehors, le comité a décidé de commencer par l’album *Winter* de l’ensemble vocal britannique Voces8. Ce paysage sonore immersif met à l’honneur des compositeurs de latitudes nordiques, notamment de Lettonie, d’Islande et d’Estonie. La musique, généralement douce et lente, évoque par endroits Vaughan Williams, comme dans l’œuvre *The Darkness is no Darkness* de Judith Bingham ; celle-ci a été restituée avec une telle clarté, une telle profondeur et une telle richesse de détails que nous sommes restés bouche bée devant ce que nous entendions. Avec ces enceintes Neat, nous avons affaire non seulement à un modèle très performant, mais aussi à un produit offrant un rapport qualité-prix exceptionnel. La scène sonore est d’une tridimensionnalité somptueuse, avec une image d’une précision chirurgicale et une présentation globale tout simplement envoûtante. Alors que nous étions assis, fascinés par le naturel de la version radicalement réharmonisée de *In the Bleak Midwinter* (Holst), les aigus de la Momentum JS se sont révélés exquis, le médium magistral et la réponse dans le grave bien au-delà de nos attentes. La scène sonore nous a véritablement captivés. Sans vouloir adopter le jargon marketing de Neat, il est difficile de rendre justice à l’excellence de ces petites enceintes. Nous avons conclu l’écoute de l’album avec le chef-d’œuvre réconfortant qu’est *Winter* de Rebecca Dale, tout en continuant d’apprécier la superbe cohérence sonore qui s’offrait à nous. Tout était parfaitement proportionné mais, là encore, nous avons été frappés par la richesse des détails alors que nous étions immergés dans cette magnifique interprétation.
Après une pause-café, place à la version album de *Forever Autumn* de Justin Hayward ; je n’avais pas entendu ce morceau sonner aussi bien depuis longtemps, et certainement pas sur du matériel de cette gamme de prix. Les membres du comité ont souligné la fidélité de la Momentum JS dans la reproduction de la mélodie qui porte le cœur de la chanson. J’ai été ébloui par la qualité du médium, qui donnait l’impression que Justin Hayward était là, dans la pièce, avec nous. Le tweeter AMT est lui aussi irréprochable : aucune sibilance désagréable ne vient perturber la musique telle qu’elle a été captée par l’ingénieur du son.
Le comité et moi avons tout tenté pour mettre les Neat Momentum JS en difficulté, mais elles ont absorbé avec aisance tout ce que nous leur avons soumis. Nous avons testé leur dynamique sur le titre *Spanish Train* de Chris De Burgh ; elles sont restées imperturbables, faisant également preuve d’un excellent sens du rythme. Nous craignions qu’elles ne peinent à restituer les micro-détails de *Living on Video* de Trans X, tube électronique culte des années 80. Mais non, elles n’ont pas été déstabilisées pour autant. Au contraire, elles nous ont offert des notes de basse si profondes et puissantes qu’elles nous ont fait sursauter. Neat est véritablement passé maître dans la conception de systèmes isobariques. Leurs capacités dynamiques sont incroyables, et elles offrent une sonorité digne d’enceintes coûtant au moins deux fois plus cher.
J’avais déjà testé les Momentum JS sur de nombreuses œuvres pour piano ; elles ont passé l’épreuve haut la main à chaque fois, alors que tant d’enceintes semblent incapables de restituer le piano avec réalisme. Elles se sont montrées tout aussi convaincantes, qu’il s’agisse de petits ensembles ou de formations orchestrales imposantes. Une enceinte véritablement polyvalente.
Conclusion
Superbement construites et manifestement très bien conçues, les nouvelles Neat Momentum JS sont probablement la meilleure réalisation de la marque depuis bien longtemps. Elles répondent à toutes mes attentes et je n’ai vraiment pas envie de m’en séparer ; je les adopterais volontiers comme référence au quotidien, tant elles sont excellentes. Sans prétendre au statut de moniteurs de studio, elles offrent une reproduction fidèle, mais d’une manière plus musicale : elles restituent l’œuvre dans sa globalité plutôt que de simplement étaler le spectre sonore devant l’auditeur en exposant les imperfections de l’enregistrement. Les Neat Momentum JS sont faites pour apprécier la musique, non pour l’analyser.
Sur des enregistrements que j’écoute souvent et que je possède depuis des décennies, les Neat ont révélé des nuances dont je n’avais même pas conscience. Si l’aigu est un enchantement et le médium d’un naturel absolu, c’est le grave qui constitue la surprise majeure. Qu’un son d’une telle qualité et d’une telle ampleur puisse émaner d’une enceinte aussi compacte défie presque les lois de la physique. Mais c’est là tout l’intérêt de la charge isobarique, une technique que Neat maîtrise à la perfection.
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