« Lindemann Limetree Phono + Limetree Headphone – Fabrication haut de gamme dans un format compact » HIFI-STARS

Flexible et réglable

Pour commencer, j’ai raccordé une source analogique à l’entrée n° 1 du Limetree Headphone. Le changement d’entrée sur le Limetree est aussi simple que raffiné : il suffit de maintenir l’interrupteur d’alimentation en position haute pendant trois secondes pour basculer d’une entrée à l’autre ; c’est tout. Simple et efficace. Pour vérifier quelle entrée est sélectionnée, il suffit de jeter un coup d’œil rapide à l’indicateur LED situé sur la façade du Limetree « Headphone ». En raison de la compacité du boîtier, Limetree a opté pour une alimentation 5 V CC de haute qualité signée Meanwell. Quoi d’autre ? J’allais oublier les petits commutateurs situés sous l’appareil, qui permettent d’ajuster l’impédance de charge en fonction du casque utilisé. Dans mon cas, j’ai associé le Limetree à un casque Shure SRH1540. Ce modèle présente une impédance de charge de 46 ohms, une valeur idéale pour le Limetree. Le fabricant Lindemann recommande des casques dont l’impédance est comprise entre 32 et 200 ohms. De toute façon, les casques bon marché à faible impédance ne sont pas adaptés au « Limetree Headphone » de Lindemann.

Bill Frisell interprète maintenant le morceau « Roscoe », extrait de son album *Good Dog Happy Man*, via un baladeur Questyle QP2r. Sur ce titre, le son caractéristique de la guitare de Frisell est soutenu par la basse et la batterie. Une écoute attentive révèle une multitude de détails dans la production, comme l’effet d’écho souvent appliqué à la caisse claire ou certains fragments de mélodie à la *pedal steel guitar* joués à l’envers. Le Limetree intègre merveilleusement tous ces détails et éléments à la structure sonore. Résultat : je me laisse porter par la musique au lieu de chercher à déceler le moindre détail technique. « Intégration musicale » est peut-être le terme qui définit le mieux cet appareil. Tout sonne juste, sans aucune agressivité, avec une pointe de chaleur que j’ai également retrouvée sur d’autres genres musicaux. Autant d’atouts qui font du Limetree Headphone un appareil idéal pour de longues sessions d’écoute, que j’ai appris à beaucoup apprécier. Certes, pour un prix plus élevé, on peut trouver des appareils offrant un peu plus de détails, mais il sera difficile de dénicher un modèle proposant un son aussi cohérent et musical.

Pour tous types de systèmes

Il est temps d’associer le « Headphone » à son homologue, le Limetree « Phono ». Logé dans un boîtier quasi identique, le Phono peut traiter aussi bien les signaux MM (avec un gain de 40 dB) que les signaux MC (gain de 60 dB). Là encore, seuls des composants rigoureusement sélectionnés sont utilisés. Pour les cellules MC, c’est un préampli micro symétrique de chez THAT qui assure la tâche. L’égalisation suit la courbe RIAA. Tout comme pour le « Headphone », les connecteurs RCA situés à l’arrière sont solidement vissés au châssis. J’effectue ma première écoute avec une platine ELAC Miracord équipée d’une cellule MC Audio-Technica AT33PTG/II. Ce duo est relié à l’entrée correspondante du Phono, avec une impédance de charge réglée sur 400 ohms. Le premier disque à tourner est le nouvel album de Simone Kopmajer. « Spotlight on Jazz » bénéficie d’une excellente prise de son et la qualité du pressage est irréprochable. Le titre « You don’t call me » met en valeur non seulement la voix de Mme Kopmajer, mais aussi le saxophone, le piano, la guitare, la basse et la batterie. Chacun de ces instruments bénéficie d’un court solo au cours du morceau. Deux observations me viennent immédiatement à l’esprit. Premièrement, le Limetree Phono restitue magnifiquement la voix de la chanteuse autrichienne, conférant au timbre une chaleur et un agrément remarquables. Deuxièmement, l’acoustique de la salle (la réverbération) est parfaitement rendue ; elle ne donne jamais l’impression d’être démesurée ou envahissante. Au contraire, chaque élément trouve sa place, l’ensemble est musicalement satisfaisant et tout semble juste. Ce petit préampli phono ne souffre d’aucun problème de ronflement ou de bruit de fond. Le rapport signal/bruit annoncé par le fabricant est supérieur à 82 dBV en mode MM (600 ohms) et supérieur à 78 dBV en mode MC (40 ohms), des chiffres qui me semblent réalistes. Aucun bruit n’était audible dans le sillon vierge d’introduction. Tout cela témoigne de la conception minutieuse des circuits et de la sélection rigoureuse des composants effectuée par Lindemann.

Jusqu’à présent, j’utilisais un autre préampli pour me faire une idée de la restitution sonore. Mais voici que le Limetree « Headphone » entre en scène en tant que préampli, prenant place entre la platine vinyle et les amplificateurs de puissance. Je choisis donc un autre disque pour la suite de l’écoute. L’album « Us » de Peter Gabriel — dans sa version actuelle pressée sur vinyle de 180 grammes avec mastering « half-speed » — est le disque que j’ai choisi pour la suite. Associé à mon propre système, le Limetree Phono a offert une restitution puissante. La voix de Gabriel était magnifiquement rendue ; la basse de Tony Levin sonnait avec résonance et impact, tout en étant peut-être une infime nuance trop ronde. Il est désormais temps de tester le « Headphone » en tant que préampli ligne.

Qualité studio

Sur le plan tonal, cette combinaison privilégie la clarté, tout en ajoutant une légère touche de chaleur au timbre et un rendu très expressif des voix. Le jeu de guitare aérien de David Rhodes et les divers effets appliqués à la batterie sont restitués avec exactitude et précision. La puissance et l’énergie musicales émanent du centre de l’image stéréo, tandis que tous les détails subtils intégrés par Peter Gabriel à cette production sont parfaitement audibles de part et d’autre. Le charleston et les sifflantes restent nets, sans jamais être étirés ou prolongés de manière artificielle. Les fréquences graves demeurent pures et parfaitement définies. Certes, comparé à un autre préampli coûtant plus du double, ce modèle plus onéreux offrait une scène sonore encore plus vaste, avec un peu plus d’espace autour des instruments. De même, les transitoires dans le grave étaient dessinés avec un soupçon de finesse supplémentaire par rapport aux capacités du « Headphone ». Toutefois, ces différences sont si ténues qu’elles en deviennent négligeables ; seul un comparatif direct permettrait de les déceler. Le Limetree illustre parfaitement ce qu’il est possible de réaliser avec un budget modeste : le « Made in Germany » dans toute sa splendeur.

Place au MM

Ma Rega P3, équipée d’une cellule MM Goldring, entame maintenant la dernière session d’écoute avec le duo Limetree. L’album choisi est « Midnight Blue » de Kenny Burrell. C’est le titre « Chitlins con carne » qui ouvre le bal. Je dois dire que, d’emblée, ce que j’ai entendu m’a beaucoup impressionné. Via le Limetree Phono, la cellule Goldring offre une sonorité vive, nette et pleine d’entrain. Les cymbales et le saxophone brillent, la guitare de Burrell déploie une sonorité jazzy, vibrante et riche, tandis que la basse, jouée par Major Holley Jr., fait preuve de nuances subtiles tout en étant parfaitement positionnée en arrière-plan. Le Limetree génère une scène sonore encore un peu plus vaste et ample qu’avec son entrée MC. Pour être honnête : nul besoin de plus que ce duo Limetree (préampli phono et ampli casque), associé à une platine vinyle standard comme ma Rega et à une bonne cellule MM abordable, pour devenir un mordu de vinyle. On retrouve cette même vivacité et cet enthousiasme, alliés à une restitution détaillée et riche en nuances, via la sortie casque (la sortie ligne est automatiquement coupée lorsqu’un casque est branché). Je reviens maintenant à la Miracord et à la cellule MC Audio-Technica pour une nouvelle écoute. Certes, le son est plus « ample », plus « aéré » et plus détaillé qu’avec l’ensemble Rega/Goldring. Mais le coût du duo ELAC/Audio-Technica est bien plus élevé. Il faut reconnaître que la qualité sonore offerte par le duo Limetree associé à une cellule MM m’a laissé une impression durable. Ne vous méprenez pas : le préampli phono Limetree n’a pas à rougir de ses performances en lecture MC. Comparé à d’autres modèles de sa gamme de prix, il est excellent. Mais l’étage MM est vraiment exceptionnel ; il atteint des sommets.

Une réussite totale

Norbert Lindemann et son équipe ont réalisé un sans-faute avec ces appareils analogiques. Issus de la gamme compacte « Limetree », ces deux modèles bénéficient d’une fabrication haut de gamme, intègrent des composants de qualité et offrent une restitution sonore remarquable. Le modèle « Headphone » est à la fois un amplificateur casque polyvalent — capable de s’adapter aux différentes impédances de casques — et un préamplificateur ligne doté de trois entrées ainsi que d’un atténuateur de haute qualité. Le Limetree « Phono » offre des réglages flexibles adaptés à n’importe quelle cellule MC, délivrant en permanence un son équilibré et jamais fatigant. Toutefois, le véritable atout de cet appareil réside dans son entrée MM exceptionnelle, qui propulse toute platine vinyle ambitieuse vers des sommets sonores inédits.

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