Il ne s’agira donc pas ici d’une critique s’attardant longuement sur des morceaux ou des titres précis ; j’espère toutefois réussir à vous faire comprendre à quel point le ST300 est remarquable. La question principale est sans doute de savoir pourquoi j’ai décidé de consacrer du temps à cette merveille du fabricant français de hi-fi Atoll Electronique ; la réponse est simple. Il y a quelque temps, mon ami Edwin, est passé chez moi avec son ST300 pour une écoute de quelques heures ; l’appareil a littéralement surclassé le lecteur réseau que je testais à l’époque. Jusque-là, je n’avais jamais entendu de musique en streaming haute résolution sonner aussi bien que les supports physiques (vinyles ou CD). L’Atoll m’a convaincu que le problème de la musique en streaming ne venait ni du signal ni de son traitement par les plateformes, mais bien du matériel utilisé.
Edwin est d’ailleurs un fervent défenseur des produits Atoll ; il ne tarit pas d’éloges sur leurs amplificateurs, que j’aurai peut-être la chance d’écouter un jour.
Pourquoi n’ai-je pas sorti mon portefeuille dès que j’ai découvert la magie d’Atoll ? Tout simplement parce que je ne disposais pas, à ce moment-là, d’un budget discrétionnaire aussi élevé. Cela dit, si mon portefeuille avait regorgé de billets de 100 dollars, j’aurais sauté sur l’occasion pour en acquérir un. Certes, on peut payer beaucoup moins cher pour une marque chinoise comme Eversolo ou pour des modèles d’entrée de gamme signés WiiM ou Bluesound ; je les ai tous écoutés et, pour être franc, en termes de haute fidélité, le lecteur réseau Atoll ST300 Signature relègue toutes ces marques loin derrière. Ne vous méprenez pas : ces appareils ne sont pas mauvais pour autant. C’est simplement qu’Atoll a opéré une forme de sorcellerie sonore (ou ajouté une touche de magie acoustique) qui sublime la musique diffusée sur son matériel. Le lecteur réseau Atoll ST300 Signature est un appareil de taille moyenne doté d’une façade aux lignes et aux contours élégamment incurvés. Son modeste écran couleur TFT LED de 5 pouces n’offre pas tout à fait l’effet « waouh » des lecteurs réseau Eversolo mentionnés plus haut ; toutefois, personnellement, je consulte les visuels et les informations sur mon téléphone 95 % du temps. L’écran de l’appareil ne me sert que de solution d’appoint pratique lorsque je me trouve à proximité du ST300 et que je souhaite voir ce qui est en cours de lecture. Outre sa fonction de lecteur réseau, on m’a dit qu’il faisait également office de préamplificateur performant (bien que je ne l’aie pas testé en tant que tel) ; il permet de lire aussi bien de la musique issue de services de streaming que votre propre bibliothèque musicale, qu’elle soit accessible via le réseau ou stockée sur un disque dur. Il donne également accès à une quantité impressionnante de stations de radio Internet spécialisées. Les résolutions audio prises en charge vont jusqu’au 24 bits/192 kHz, incluant également le DSD64 et le DSD128.
Bien que son DAC soit un Burr-Brown PCM1792A réputé pour ses hautes performances et son excellente qualité sonore, de nombreux autres lecteurs réseau utilisent des DAC aux capacités similaires ; toutefois, l’un des secrets de son excellence réside peut-être dans sa configuration à double DAC. Il s’agit donc d’une double conversion Burr-Brown offrant une plage dynamique de 132 dB et un rapport signal/bruit de 132 dB. Est-ce là ce qui confère à l’Atoll son avantage ? N’étant pas un expert technique, je ne saurais le dire, si ce n’est que le résultat est probant. Est-ce dû au transformateur linéaire à faible bruit, aux étages audio à composants discrets ou à l’alimentation dédiée aux différents étages ? J’imagine que personne ne veut vraiment dévoiler le secret, pour des raisons de « confidentialité commerciale » et autres motifs du genre.
L’appareil est livré avec une télécommande plutôt agréable, mais j’ai préféré utiliser l’application sur mon téléphone. Mon seul véritable grief concerne l’application Atoll, qui manquait de réactivité et n’était pas très intuitive. Étant adepte de Roon, je contourne l’application Atoll pour une expérience plus fluide, ou j’utilise simplement Qobuz Connect ; le problème est donc résolu.
Si je cherchais à acquérir un lecteur réseau autonome, l’Atoll ST300 figurerait assurément parmi mes choix. C’est un appareil remarquable qui restitue la musique telle qu’elle doit être entendue — une qualité qui est loin d’être acquise avec ce type d’équipement. Il ne s’agit pas seulement de clarté sonore — un aspect qui m’a souvent dérangé chez des marques comme Eversolo. Le ST300 va bien au-delà. Si la musique doit sonner de manière souple et sensuelle, il relève le défi avec brio. Si elle doit paraître lourde et oppressante, le ST300 est l’appareil idéal. S’il s’agit d’une pièce délicate pour piano classique, il en révèle toute la subtilité : on peut aussi bien analyser le placement des microphones lors de l’enregistrement que se laisser simplement transporter par le pur plaisir de l’écoute. Il semble capable de restituer et de traiter n’importe quel genre musical avec une facilité déconcertante.
Pour conclure, voici mon conseil : ne partez pas du principe que tous les lecteurs réseau se valent, ni qu’ils ne sont que de simples vecteurs passifs acheminant le son vers l’amplificateur et les enceintes. Comparez les modèles par vous-même et, si l’occasion se présente, écoutez l’Atoll ST300 Signature : c’est une véritable réussite.
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