Qualité sonore
Les premières écoutes s’effectuent en mode « bit-perfect » (transmission intégrale des données). Cela signifie que le rééchantillonneur 4137 est désactivé et que les DAC AKM traitent directement le signal PCM reçu. Techniquement, on utilise ici le Lindemann sans exploiter sa fonctionnalité phare, mais les performances restent très encourageantes. Pour certains lecteurs, la conversion des zéros et des uns en onde analogique ne présente guère de nuances : il suffit d’atteindre certaines valeurs de référence pour que tout aille bien. Le Lindemann prouve toutefois que, si les écarts entre le « bon matériel abordable » et le « bon matériel haut de gamme » ne sont pas forcément abyssaux, ils existent bel et bien. Une multitude de détails y contribuent : le choix des filtres, le fait de ne pas se contenter de l’étage de sortie standard du DAC lui-même et, dans ce cas précis, l’utilisation de deux DAC (chaque puce traitant un canal unique et le combinant avec le signal inversé de l’autre canal) apportent autant d’améliorations progressives.
Concrètement, qu’est-ce que cela donne ? À l’écoute du puissant album *Visual Audio Sensory Theatre* de VAST, le Lindemann fait merveille. C’est un torrent sonore massif et foisonnant, parfois aussi agressif que du Nine Inch Nails, et à d’autres moments, aussi apaisé que du Zero7. Le Lindemann restitue tout cela avec justesse et, surtout, avec une grande musicalité. La transition entre les cordes et la guitare de « Flames » et l’énergie dévastatrice — idéale pour une conduite sportive — de « Temptation » est généralement presque pénible tant le contraste est violent ; ce qui convient à un morceau ne sied pas forcément à l’autre. Le Lindemann réussit parfaitement les deux exercices.
Activez le suréchantillonnage DSD et la donne change à nouveau. Certes, il ne s’agit pas d’un changement radical du type « le jour et la nuit » ou « ma femme a entendu la différence depuis la cuisine » (encore faudrait-il que j’aie une femme pour cela), mais les nuances sont bien présentes. Le Lindemann est l’un des rares appareils à concrétiser réellement le potentiel du format DSD. C’est ce que démontre l’écoute du morceau « Slam » de Pendulum, un choix plutôt audacieux. Sans rien perdre en matière de basses, de férocité ni — surtout — de plaisir, le Lindemann parvient à atténuer la sensation de compression et d’encombrement sonore. L’ensemble gagne en aération et se révèle plus agréable à l’oreille.
Bien entendu, si vous lui soumettez des enregistrements utilisant de vrais instruments, le résultat n’en est que meilleur. Le morceau *Familiarity* des Punch Brothers, avec son style époustouflant aux confins du folk et du rock progressif, offre une démonstration magistrale des véritables capacités du Network. On ne perçoit aucune trace de traitement numérique artificiel ; la musique s’écoule avec une fluidité que même certains appareils plus onéreux peinent à reproduire. L’appareil se montre indulgent envers les enregistrements de qualité moyenne tout en laissant briller les productions magistralement maîtrisées ; de plus, contrairement à certaines implémentations du format DSD que j’ai pu tester, il évite cette sonorité légèrement sirupeuse qui a parfois tendance à s’inviter. À l’écoute du titre *I Don’t Care* de The Roots, le rendu reste vif, incisif et funky. Ce n’est qu’en repassant à un autre appareil que l’on réalise à quel point le Network a opéré sa magie sur la musique écoutée.
Conclusion
Toutefois, ce petit lecteur réseau mérite amplement que l’on s’y intéresse tant ses performances sont remarquables : en l’état, c’est le meilleur lecteur réseau autonome à moins de 1 000 £ que j’aie jamais testé. Il offre un confort d’écoute incroyable, même sur de longues périodes, tout en étant agréable à utiliser et très peu encombrant. Le Limetree Network compte parmi les produits les plus exceptionnels que j’ai testés cette année ; je le recommande donc sans la moindre hésitation.
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