« Enceintes NEAT Acoustics Iota Alpha : Un son incroyablement réaliste » THE AUDIO BEATNIK

Écoute musicale

Je ne peux pas me prononcer sur la durée de rodage nécessaire pour ces enceintes, car la paire que j’ai testée avait déjà beaucoup servi. Ma première impression a été frappée par l’ampleur du son et par la façon dont la musique semblait flotter au-dessus des enceintes. Becky, de son côté, a tout de suite adoré la restitution des octaves inférieures. Je les ai laissé tourner tout l’après-midi et toute la soirée ; après une vingtaine d’heures de fonctionnement, je me suis installé pour une écoute attentive.

Si vous n’avez jamais entendu d’enceintes équipées de tweeters magnéto-planaires EMT, vous allez avoir une vraie surprise ; il faut parfois quelques morceaux pour s’habituer à cette sonorité. Un tweeter conventionnel à dôme en soie ne peut rivaliser avec l’ouverture, la résolution dans le haut du spectre et la restitution des hautes fréquences propres aux EMT. La différence est considérable. Attention toutefois : le son est tout sauf agressif ou artificiellement ciselé. Les aigus et les médiums sont doux, fluides, aériens et spacieux. La spatialisation est magique : le son semble littéralement flotter au-dessus, derrière et à l’extérieur des enceintes. Le positionnement des instruments et des voix est plus réaliste que sur la plupart des autres enceintes, car ils s’intègrent tous dans cet ensemble sonore qui flotte au-dessus des coffrets.

Cette magnifique scène sonore globale ne servirait à rien si le son manquait de musicalité, mais ce n’est pas le cas ! C’est, et de loin, le son le plus agréable que j’aie jamais obtenu avec mon système numérique/vidéo. Pour la toute première fois, je me suis surpris à écouter ce système pendant des heures. Ces enceintes se sont révélées excellentes associées à mon lecteur OPPO UDP-205 et à l’amplificateur Electrocompaniet. Le son était plein et chaleureux — sans jamais tomber dans l’excès — avec un très beau timbre. J’ai eu du mal à croire à une telle extension dans le grave pour des enceintes aussi compactes. Il ne s’agit pas d’un grave artificiel dû à une bosse dans le haut-grave, mais de fréquences basses profondes, fermes et mélodieuses. Le rendu du grave dépend du placement : trop près du mur arrière, le son peut devenir trop lourd ; trop avancées dans la pièce, les enceintes peuvent sembler manquer de corps. Je ne parle pas ici de les déplacer de quelques centimètres ; elles ne sont pas si capricieuses quant à leur positionnement.

L’écoute de musique orchestrale sur les Iota Alpha a été une véritable révélation. Elles restituaient aussi bien le flux musical que l’interaction entre les différents instruments avec un réalisme saisissant. Une belle sensation d’espace et d’aération entourait les instruments, donnant l’impression que l’orchestre tout entier flottait au-dessus des enceintes. Le son n’était jamais artificiellement ciselé ni affecté par ces artefacts de phase que l’on confond parfois avec de l’aération ou de l’espace. Au contraire, la restitution était palpable et charnue, avec des timbres riches et une grande variété de couleurs musicales. La sonorité des Iota Alpha était cohérente sur tout le spectre, le tweeter magnéto-planaire s’intégrant harmonieusement aux haut-parleurs de médium et de grave. Les orchestres étaient restitués comme un ensemble vivant, dynamique et vibrant. Lorsque la qualité de l’enregistrement le permettait, elles parvenaient également à transmettre l’ambiance du lieu, renforçant ainsi le réalisme de l’expérience d’écoute.

La restitution des big bands s’est également révélée être une véritable surprise venant d’enceintes colonne aussi compactes. Leur capacité à reproduire fidèlement la dynamique sur une large plage de fréquences, avec un sens aigu du tempo, du rythme et de la mise en place, créait un son viscéralement vivant, où chaque instrument semblait animé d’un mouvement profond et rythmé. Elles emplissaient la pièce de telle sorte que je me croyais véritablement présent à un concert de l’orchestre de Duke Ellington.

Cependant, ces enceintes ne se limitent pas à produire un son imposant à partir de petits coffrets. En écoutant Peter, Paul and Mary, je me suis dit : « Tiens, la façon dont ces enceintes présentent la scène sonore me rappelle les Spica TC50. » Si vous êtes trop jeune pour avoir connu les TC50, sachez qu’il s’agit d’un immense compliment. Poussé par la nostalgie, j’ai alors mis le disque *The Weavers Reunion at Carnegie Hall*. Les Weavers y apparaissaient dans toute leur splendeur, déployés sur la scène, tandis que la salle et le public étaient audibles avec un naturel confondant. Ce disque offre l’occasion d’entendre une voix féminine soliste, une voix masculine de basse et trois autres voix masculines. Chaque voix était restituée avec un naturel remarquable. Impossible de dire si les voix féminines ou masculines étaient mieux servies, tant la qualité était égale pour toutes.

J’ai ensuite voulu évaluer leurs performances sur un enregistrement de qualité mettant en scène un petit groupe de jazz. J’ai commencé par sortir quelques albums de Miles Davis, tous deux en mono : *’Round About Midnight* et *Steamin’ with the Miles Davis Quintet*. Avec ces deux albums, les Iota Alpha offraient une fenêtre d’une grande clarté sur ces interprétations classiques de Miles Davis. L’une des véritables forces de ces enceintes sautait alors aux yeux : elles me permettaient de percevoir la fluidité de la musique, quel qu’en soit le genre. Elles faisaient également preuve d’un rythme et d’une énergie débordants. Je pouvais entendre les lignes de basse de Paul Chambers avec une facilité et un réalisme saisissants, tout en percevant une véritable sensation d’espace et d’aération. La trompette de Davis se faisait tour à tour feutrée ou puissante, selon son jeu. J’ai été touché par la prestation du batteur Philly Joe Jones ; je distinguais aisément le passage d’une cymbale à l’autre lorsqu’il accompagnait les différents solistes. Jamais je n’avais perçu ces nuances avec autant de facilité sur des enceintes coûtant moins de 10 000 dollars.

La sonorité des cordes sur ces enceintes m’a presque fait pleurer de joie. C’était si doux, si riche en harmoniques et si beau que cela a littéralement fait fondre mon âme. Qu’il s’agisse d’une guitare blues, d’une contrebasse dans un groupe de jazz ou d’un violon classique, tous les instruments sonnaient de manière si naturelle et merveilleuse. Je percevais l’attaque des notes — rapide, vive et dynamique — sans jamais ressentir la moindre agressivité. J’entendais également l’extinction des notes, accompagnée de tout l’air qui doit les entourer. Que les cordes soient pincées ou jouées à l’archet, le rendu restait naturel et magnifique.

La restitution de l’ampleur d’une interprétation est un aspect important pour moi lorsque j’écoute de la musique enregistrée. Les Iota Alphas m’ont vraiment donné l’impression d’assister au concert. Je vous assure que, sur des enregistrements de qualité, la taille des instruments était rendue avec un tel réalisme que j’avais l’impression de les voir. Ce qui est merveilleux, c’est la façon dont ces enceintes conservent cette justesse d’échelle, même à très faible volume. Elles offrent aussi une scène sonore verticale saisissante, qui renforce naturellement cette impression de grandeur. L’album *Music for Organ, Brass and Timpani* (SACD Sonoma), magnifiquement enregistré et interprété, en est le parfait exemple. La manière dont l’orgue enveloppe et domine les cuivres et les percussions est tout simplement époustouflante. La perception du mouvement de l’air dans les tuyaux de l’orgue, en contraste avec le son des cuivres, est fascinante. Je me suis un peu laissé emporter, mais vraiment, elles restituent l’ampleur sonore à merveille, même à bas volume.

Pour conclure

Lors de ma discussion avec Paul Manos, il a qualifié cette minuscule enceinte colonne d’« enceinte anti-audiophile ». Je comprends ce qu’il veut dire, même si c’est difficile à exprimer avec des mots. Tout d’abord, elle paraît bien trop petite pour être une colonne. Puis, on l’écoute, et toutes les craintes concernant un son étriqué, une image sonore basse ou un manque de graves s’envolent. Enfin, il y a la manière dont le son envahit la pièce : la musique semble flotter dans l’espace tout en conservant une énergie et une dynamique remarquables. Il est rare qu’une enceinte combine les caractéristiques d’un modèle à transducteur planaire magnétique, d’une enceinte close et d’un modèle à charge bass-reflex ; pourtant, cette minuscule enceinte parvient à tirer le meilleur de chaque technologie sans produire un son confus ou désordonné. L’écoute est bien plus détendue et permet à une dimensionnalité naturelle de s’intégrer à la scène sonore. Je pense que c’est en partie ce qui explique leur excellente restitution dans le plan vertical. Je suis toujours aussi étonné de voir comment elles permettent au son d’un grand orgue de remplir la pièce d’air et de musique. De même, entendre un chœur ou un orchestre se matérialiser dans l’espace devant soi est tout simplement incroyable.

Un autre point susceptible de déplaire à certains audiophiles est que ces enceintes ne sont pas des modèles de monitoring. Elles ne visent pas l’analyse technique de l’enregistrement, mais plutôt le plaisir de savourer l’interprétation musicale. Cela dit, je ne pourrais imaginer meilleure enceinte pour mon système audio-vidéo numérique. Elles ne s’imposent pas visuellement dans la pièce et offrent un son superbe, aussi bien avec de la musique numérique qu’avec la télévision ou les films.

Je dois dire que j’adore les NEAT Acoustics Iota Alpha, en partie pour leur capacité à produire un son aussi ample malgré leur taille et leur prix modeste, mais surtout parce qu’elles ont remis en question ce que je pensais possible avec de petites enceintes. On ressent un véritable choc — du genre « c’est pas possible ! » — lorsqu’on entend une telle ampleur sonore émaner d’un si petit coffret. Et le son est d’un réalisme saisissant. Si vous recherchez le son d’une grande enceinte sans l’encombrement qui va avec, je ne vois pas de meilleure option. C’est tout simplement une enceinte exceptionnelle !

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